Symbio est venu au CES de Las Vegas avec ses piles à hydrogène mais pas seulement : l'entreprise a mis en avant un système de surveillance de l'état des cellules de ses piles qui lui permet d'accroître leur durée de vie. Un enjeu clé pour la co-entreprise de Faurecia et Michelin qui vise le secteur de la mobilité, avec ses piles à combustible couvrant une gamme de puissance de 40 kW (automobiles légères) à 300 kW (camions à très haute puissance).
L'entreprise veut faciliter l'adoption de ses solutions par les constructeurs. D'où, déjà, le design compact de ses piles : « Le système doit remplacer l’enveloppe moteur et rentrer dans le cadre pour respecter les architectures de véhicules déjà dessinées », souligne Laurent Chauvin, directeur marketing produit chez Symbio. Assurer une durée de vie de la pile égale à la durée de vie du véhicule est aussi essentiel : « On suit le business modèle des moteurs Diesel ou à essence. C’est un produit durable et robuste. »
Symbio a misé pour ses piles sur la technologie à membrane échangeuse de protons, dite PEM. La surveillance du taux d'humidité dans les membranes est essentielle, pointe Laurent Chauvin, car un surplus d'eau peut les saturer et limiter le bon fonctionnement des cellules, les composants élémentaires d'une pile à combustible. L'innovation présentée par Symbio au CES consiste à surveiller la charge en eau, module par module (assemblage de 20 cellules), par des mesures d'impédance, et à ajuster le pilotage de la pile en fonction.
Durée de vie de 30 000 heures pour un bus ou un camion
Résultat, selon Symbio : la durée de vie de la pile est augmentée de 20%. « On arrive à 7 000 heures pour une voiture classique et à 30 000 heures pour un bus ou camion », avance Laurent Chauvin. De quoi réduire le coût d'usage des piles.
Symbio a lancé un projet d'usine de piles à hydrogène à Saint-Fons, près de Lyon. La production devrait démarrer fin 2023, selon Symbio, qui met en avant une capacité de production annuelle pouvant aller jusqu'à 50 000 unités, contre 2500 systèmes produits actuellement à Vénissieux.
Un changement d'échelle qui dépend cependant du déploiement d'un réseau de recharge sur les routes, pointe Laurent Chauvin : « Il faut légiférer sur la masse des infrastructures. A horizon 2030 il devrait y avoir des stations de recharge à hydrogène tous les 100, 150kms. L’offre de véhicule s’élargit, mais il faut que tout se développe en même temps. Si on n’a pas d’infrastructure, on ne peut pas développer ces piles ».



