Les mensurations de la pile à combustible à hydrogène Z300 présentée par Inocel au CES de Las Vegas parlent d’elle-même : 300 kW de puissance pour un volume de 110 litres et un poids de 100 kg. « C’est trois fois plus de puissance que les piles du marché de même encombrement », avance Jules Billiet, le directeur général adjoint de la start-up, qui vise la mobilité lourde.
Basée à Grenoble, Inocel est issue de recherches menées au CEA. Son fondateur, l’aventurier médiatique Mike Horn, avait initialement travaillé avec l’organisme de recherche pour équiper un véhicule destiné à concourir au rallye Dakar 2023, avant de créer Inocel en 2022 pour commercialiser la technologie de pile à combustible développée au CEA.
« Nous avons assemblé cinq innovations différentes », pointe Jules Billiet, qui se contente de mentionner la maximisation de la surface active de la pile (là où a lieu la réaction entre l’hydrogène et l’oxygène), un design spécifique des plaques bipolaires (qui conduisent les fluides) et des matériaux avancés. Difficile d’en savoir plus. « Nous sommes sur un marché aujourd’hui extrêmement concurrentiel qui nous oblige à avoir un très fort niveau de confidentialité sur nos technologies », se défend Jules Billiet.
Un premier démonstrateur avec un bateau
Inocel souhaite offrir une solution pour décarboner trois domaines : le transport terrestre lourd comme les camions, les bus, les engins de chantiers ; le transport maritime avec les bateaux et le marché de la production d’énergie stationnaire pour remplacer les groupes électrogènes.
La start-up expérimente déjà un premier démonstrateur : un bateau fonctionnant grâce à sa pile. « En multipliant les tests, nous pouvons adapter au mieux notre logiciel de contrôle », explique le directeur général adjoint. Dans un camion, par exemple, le conducteur pourrait choisir sa vitesse et, grâce au logiciel de contrôle-commande, la pile adapterait alors sa puissance.
Le démonstrateur doit aussi aider Inocel à atteindre les objectifs fixés pour sa pile : une durée de vie de 20 000 heures, pour une efficacité de 60 %, et une réactivité de 1,5 secondes. Restera à passer à l’industrialisation. « Une pile qui fonctionne et qui est performante c’est une chose, mais à l’échelle industrielle et à un prix acceptable c’est un autre défi », reconnaît Jules Billiet. L’entreprise vise un début de production de la pile en 2024, pour le marché européen. Leur présence au CES témoigne de leur ambition vers un marché international.



