Le projet de Technocampus hydrogène se précise à Toulouse-Francazal

Le futur Technocampus hydrogène de Toulouse-Francazal devrait voir le jour à l'été 2025. A un an du coup d'envoi du chantier, les contours du projet se précisent. A horizon 2030, 200 personnes travailleront sur ce site dédié à l'accélération de technologies à hydrogène, notamment dans l'aéronautique.

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Christophe Turpin, directeur de recherche au CNRS et coordinateur du projet, présente le Technocampus hydrogène qui doit ouvrir ses portes à Toulouse en 2025.

« Ce sera le plus grand centre d’Europe de recherche et d’essais dédié à l’hydrogène vert appliqué à l'aéronautique », avait promis Carole Delga, présidente de la Région Occitanie à l'annonce du projet en novembre 2020. A un an du coup d'envoi du chantier prévu pour début 2024, Christophe Turpin, directeur de recherche au CNRS, en charge des activités hydrogène au Laplace (Laboratoire plasma et conversion d'énergie) et coordinateur du projet, a présenté mi-décembre les contours du Technocampus hydrogène qui doit voir le jour sur des terrains de l'ancien site de Francazal, à Cugnaux, dans l'agglomération toulousaine.

Le développement d'avions à hydrogène est au cœur du projet, mais ce dernier est plus vaste : le centre sera ouvert à tous les travaux mobilisant des technologies hydrogène, qu'ils portent sur la production d'hydrogène par électrolyse, sur le stockage de l'hydrogène ou sur la valorisation énergétique de l'hydrogène (piles à combustible...).

Un complexe de 10 000 m² dédié aux technologies hydrogène

« L'ambition est à la fois de proposer aux chercheurs un espace expérimental bas TRL [Technology readiness level, niveau de maturité technologique, ndlr] autour de l'hydrogène, d'accompagner les industriels dans la réalisation d'essais à hauts TRL et de disposer d'une plateforme pédagogique dédiée au développement de formations en lien avec les technologies hydrogène », résume Christophe Turpin.

Concrètement, le projet porte sur la construction de 9 000 m² de surfaces couvertes, auxquels s'ajouteront 1 000 m² de surfaces extérieures aménagées pour certains essais, le tout sur un terrain de 2 hectares. « C'est 10 fois plus que l'ensemble des surfaces dédiées dont nous disposons actuellement au sein de la plateforme hydrogène toulousaine. Je n'aurais jamais pu rêver mieux », s'enthousiasme le chercheur.

La plateforme hydrogène de la filière académique toulousaine mise en œuvre en 2010 par le Laplace, puis agrandie, réunit également des moyens et des équipes mutualisées du Cirimat (Centre de recherche sur les matériaux), du Laboratoire de Génie Chimique (LGC) et de l’Institut de mécanique des fluides de Toulouse (IMFT). Le Technocampus hydrogène doit permettre de regrouper sur un même lieu les travaux sur l'hydrogène portés par les quatre laboratoires toulousains et de déployer de nouveaux moyens en direction de projets collaboratifs associant laboratoires publics et industriels, dans la continuité de travaux déjà engagés avec des partenaires tels que Safran, Airbus Liebherr Aerospace ou Vitesco.

Des moyens adaptés aux essais de forte puissance

« L'ambition est de mutualiser des bancs de tests et de grands équipements de recherche technologique », précise Christophe Turpin. Pour accompagner le passage à l'échelle industrielle de projets de recherche appliqués, environ 2 300 m² de locaux seront mis à disposition des entreprises pour des essais en autonomie ou des projets accompagnés, selon plusieurs mode de prestations. Une douzaine de boxes seront proposés à la location, ainsi que de espaces de stockage et deux bunkers sécurisés adaptés aux essais de forte puissance, jusqu'à un mégawatt.

« Nous travaillons à la création d'une structure jurique autonome pour opérer ce Technocampus », souligne Christophe Turpin. Le projet devrait mobiliser un budget total de l'ordre de 55 millions d'euros, dont 35 millions pour les infrastructures, co-financés par l'Etat, la Région Occitanie et Toulouse Métropole, et 20 millions de moyens de tests, dont 8 millions d'équipements déjà acquis par les quatre laboratoires impliqués et 11 millions d'achats programmés.

« L'installation sur le site d'un électrolyseur de 3 à 5 MW est également en réflexion », précise Christophe Turpin. La mise en service du Tehnocampus devrait s'échelonner entre la fin de l'année 2024 et l'été 2025. A horizon 2030, le centre devrait accueillir, en régime de croisière, un peu plus de 200 personnes, dont une équipe technique permanente d'environ 45 personnes, auxquels s'ajouteront 80 chercheurs et à peu près autant de salariés de l’industrie.

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