Framatome Healthcare va produire à Nantes des radio-isotopes contre le cancer

Framatome Healthcare et IBA vont installer à Saint-Herblain, en périphérie de Nantes, une première capacité de production d’astate-211, un radionucléide contre le cancer. Cet investissement supérieur à 20 millions d’euros pourrait être reproduit sur d’autres sites.

Réservé aux abonnés
Framatome Healthcare
Framatome veut créer une unité de production d'astate-211, un radionucléide contre le cancer, près de Nantes.

Framatome Healthcare va investir 20 à 30 millions d’euros à Saint-Herblain, près de Nantes (Loire-Atlantique), dans un site de production d’astate-211, un radioisotope émetteur de particules alpha contre les cancers. Le projet donnera lieu à la construction d’un bâtiment de 1000 à 2000 m² abritant un cyclotron d’une puissance de 30 millions d’électrons-volts ou Mev. Cet accélérateur de particules sera fourni par la société belge IBA dans le cadre d’un partenariat entre les deux sociétés. Sa mise en service est envisagée en 2027 ou 2028.

Le site nantais pourra couvrir la France entière et même, en partie frontalière, les pays voisins. Pour François Gauché, vice-président de Framatome Healthcare, «plusieurs milliers de patients» pourront bénéficier de cette production à terme. Au delà, Framatome Healthcare envisage d’investir dans 12 installations similaires dont la moitié en Europe et l’autre aux Etats-Unis, sans que le calendrier soit encore établi.

Particules alpha

François Gauché décrit un intérêt croissant autour des traitements issus des radioisotopes, notamment depuis la sortie du Pluvicto de Novartis, en 2022, contre le cancer de la prostate. Ce médicament est basé sur le lutétium-177, un radio-isotope que Framatome Healthcare produit déjà dans des réacteurs de puissance exploitées par ses partenaires. Cette production va être développée.

Le site de Saint-Herblain en revanche, produira uniquement de l’astate-211. Framatome Healthcare se place là en avance de phase puisque aucun médicament issu de ce radioélément permettant un ciblage plus puissant des cellules cancéreuses, n’a encore été mis sur le marché. Mais des études précliniques cliniques sont en cours sur la vessie, le pancréas, le cerveau, le sein.

Framatome Healthcare mise aussi sur l’astate-211 car ce marché est moins occupé, pour l’instant, que d’autres radioéléments prometteurs tels l’actinium-225, ou le plomb-212. «Nantes était le meilleur endroit en France pour cet investissement en raison de l’écosystème local et des acteurs connaissant parfaitement le sujet», ajoute François Gauché, citant Arronax (un cyclotron de 70 Mev essentiellement pour la recherche), l’Inserm, l’Institut de Cancérologie de l’Ouest mais aussi des start-up comme Atonco qui avance sur le cancer de la vessie avec l’astate-211.

Cet environnement lié à la médecine nucléaire a déjà attiré Curium Pet France, filiale de l’Américain Curium qui a annoncé en 2024, pour 7 millions d’euros d’investissement, l’implantation à Saint-Herblain d’un site de production d’éléments radiopharmaceutiques dédiés aux examens TEP (tomographie à émission de positons). Ses premières productions, utilisant le deuxième Cyclotron d’Aronnax, sont attendues pour 2028.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs