Le GIP Arronax, exploitant le cyclotron de Saint-Herblain, près de Nantes (Loire-Atlantique), lance le projet d’un second accélérateur de particules. Les travaux préalables d’aménagement du site se dérouleront en 2023. Les opérations d’installation débuteront en mai 2024 pour une mise en service mi-2024. Le GIP finance cet investissement de 2 millions d'euros sur fonds propres.
Cet accélérateur compact de haute puissance (18 Mev ou millions d'électrons volt), de type Kiube fabriqué par IBA, sera utilisé pour produire de manière régulière et en grande quantité du cuivre-64 (Cu64) destiné aux équipes françaises de recherche en médecine nucléaire. Le GIP Arronax fournit déjà cet élément chimique à plusieurs équipes académiques françaises et étrangères pour des essais précliniques et cliniques. «Le nouvel équipement sera mieux adapté à cette production pour l’imagerie nucléaire à visée diagnostique», précise Renaud Devilder, secrétaire général du GIP. De nouveaux partenariats pourront ainsi être développés avec des industriels.
Visualiser et attaquer le cancer
L'actuel cyclotron, d’une puissance de 70 Mev, «reste une machine exceptionnelle ayant permis de mettre au point de nombreux radioéléments mais elle a désormais du mal à tout embrasser, poursuit Renaud Devilder. Le nouveau cyclotron permettra de fournir du cuivre-64 en quantités régulières, suffisantes, en conditions pharmaceutiques et accessible financièrement», précise le responsable. Le cuivre-64, utilisé pour l’imagerie, pourra être associé à du cuivre-67, radioélément de radiothérapie vectorisée produit par le grand cyclotron, le C70. On pourra ainsi développer une "paire théranostique", permettant de visualiser et d’attaquer simultanément le cancer avec des doses précises.
La nouvelle machine permettra la production d’autres isotopes d’intérêt pour la recherche en médecine nucléaire comme le scandium-44, le zirconium-89, le terbium-155 ou le gallium-68. L’équipement sera installé dans l’une des casemates attenantes au cyclotron Arronax et relié à une chaîne de production stérile de radiopharmaceutique qui existe déjà, ce qui limitera le coût de l’investissement. A noter que la société Curium Pet France envisageait aussi la construction d’un cyclotron à Nantes. Le GIP Arronax discute avec cet industriel de la possibilité d’un emploi de son futur cyclotron, notamment la nuit, ce qui permettrait à Curium de produire les isotopes de type fluor-18 utilisés en TEP et cuivre-64 dont il a besoin.
Mieux accueillir les chercheurs
Arronax mène simultanément le projet Nautilluss. Une extension de ses bâtiments destinés à la recherche académique. Ce projet d’1,5 million d’euros porte sur la construction de locaux tertiaires pour accueillir les chercheurs sur le site aujourd'hui saturé. Le programme inclut aussi un local technique destiné à la réalisation et l'entreposage de dispositifs expérimentaux soumis à irradiations. Le projet bénéficie de fonds Feder React-EU et d’aides de la région Pays de la Loire et de Nantes Métropole.
Le GIP Arronax emploie désormais 70 personnes (60 salariés) pour un budget d’exploitation 2023 de 9 millions d'euros et un volume annuel d’investissement de 2 millions d'euros. Epicentre d’une filière radiopharmaceutique nantaise, il rayonne au-delà, travaillant avec plusieurs groupes (Novartis, Orano…) et start-up (Naogen, Atonco…).



