A Romans-sur-Isère, Framatome pourrait investir jusqu’à 1 milliard d'euros dans les combustibles et équipements nucléaires

A l’occasion de l’inauguration d’un nouveau bâtiment de fabrication de combustibles pour réacteurs de recherche et applications médicales, Framatome a dévoilé son plan pour pousser les murs de son usine de Romans-sur-Isère (Drôme) et augmenter sa production d’assemblages combustibles pour EPR2.

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Framatome a inauguré le 18 avril une nouvelle zone uranium pour la production des cibles combustible des réacteurs de recherche.

Framatome va enfin pouvoir pousser les murs de son site de Romans-sur-Isère, dans la Drôme. La filiale d’EDF, à l’étroit dans les 45 hectares cernés de barbelés de son site de production de combustibles nucléaires, a pu acquérir auprès de la ville un terrain situé à quelques dizaines de mètres, de l’autre côté de la route.

Cela va lui permettre, dans un premier temps, d’installer une unité de fabrication additive métallique de pièces de plusieurs tonnes pour la division équipements du groupe, qui forge les cuves et échangeurs de chaleur au Creusot et fabrique les pompes des réacteurs nucléaires à Jeumont, notamment des futurs EPR2. La construction du centre de fabrication additive doit débuter en septembre pour une livraison du bâtiment en 2026.

C’est la première partie «du projet d’extension de 10 hectares», indique Djanny Rabaud, le directeur du site de Romans-sur-Isère. La deuxième consistera à sortir de la partie du site industriel classée installation nucléaire de base (INB) les bâtiments administratifs et la cantine pour y dégager de l'espace en vue d’augmenter la production d’assemblages combustibles pour les réacteurs nucléaires de forte puissance. «L’objectif est de doubler la production en 10 ans», explique Djanny Rabaud. Il s’agit de passer de 750 tonnes aujourd’hui à 1500 tonnes d’ici à 2035, avec un jalon à 1250 tonnes d’ici à trois ans. 

180 millions pour la nouvelle zone uranium

«Si tous les projets d’extension se réalisent, cela représenterait jusqu’à 1 milliard d’euros d’investissement», glisse la responsable de la communication du site, à l’occasion de l’inauguration de la nouvelle zone uranium (NZU) du site destinée à la production d’éléments combustibles et de cibles médicales permettant d’extraire le technétium-99m ou molybdène 99 nécessaires aux scintigraphies. C’est le fruit d’un investissement de 180 millions d’euros, décidé en 2016, en plein "hiver nucléaire" après la catastrophe de Fukushima. «Une décision d’investissement courageuse à cette époque», note Lionel Gaiffe, le responsable de la division combustible de Framatome.

Dans le nouvel atelier, baptisé nouvelle zone uranium (NZU), certaines choses n’ont pas changé, comme l’utilisation de cocottes minutes Seb pour le transport des poudres d’oxyde d’uranium et leur mélange avec de l’aluminium d’un poste à un autre, comme le broyage de l’uranium et le pesage des alliages spécifiques à chaque réacteur. «C’est un contenant qui résiste aux chutes», explique Jérôme Allenou, le responsable de l’unité méthode et industrialisation de Cerca, la division historique de Framatome à Romans-sur-Isère depuis 1959. En revanche, les espaces ont été sécurisés, mieux ventilés, et des boîtes d’entrées sorties étanches ont été ajoutées à côté des boîtes à gants pour rendre les manipulations plus faciles, supprimer les risques de dispersion de poussières d’uranium et ainsi éviter le port de masque et de tenues protectrices étanches pour les opérateurs. Seule l’étape de laminage, pour donner la forme de plaques ou de courbes aux cibles nucléaires selon les spécifications des réacteurs de recherche, subsiste dans l’ancien atelier. Cerca fournit la totalité des 75 réacteurs de recherche dans le monde.

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