Après l’euphorie du mariage entre Faurecia et Hella, le nouveau groupe Forvia envisage son avenir plus prudemment. Jeudi 3 novembre, l’équipementier franco-allemand a présenté aux investisseurs ses objectifs financiers pour 2025. Malmené en Bourse, le groupe a notamment promis d’accélérer son désendettement.
Pointant du doigt des «conditions macroéconomiques difficiles», l’industriel a réduit sa prévision de production automobile mondiale pour 2025. Il table désormais sur 88 millions d’unités et non plus 94 millions. L’équipementier a également revu à la baisse son objectif de chiffres d’affaires. Il vise désormais 30 milliards d’euros de ventes en 2025. Un objectif réduit de 3 milliards d’euros par rapport à janvier. Faurecia et Hella pesaient environ 22 milliards d’euros en 2021 (avant la finalisation de leur fusion).
« Dérisquer l’entreprise »
«Nous essayons de dérisquer l’entreprise. Nous prévoyons moins de volumes mais nous essayons de conserver la même génération de trésorerie. C’est cela qui compte dans la réduction de la dette. Et si nous avions maintenu les chiffres précédents, nous n’aurions pas été crédibles», précise à L’Usine Nouvelle Patrick Koller, directeur général de Faurecia.
La révision à la baisse du chiffre d’affaires pour 2025 est lié au programme de cessions de l’entreprise. Pour accélérer son désendettement, Forvia prévoit de se séparer d’actifs non stratégiques à hauteur de 1 milliard d’euros avant la fin de l’année 2023. Un programme «bien engagé», selon Forvia. «Une transaction additionnelle sera annoncée d’ici fin 2022», indique l’entreprise dans un communiqué.

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Face à la lenteur de la reprise du marché automobile, Forvia souhaite aussi abaisser son point mort. «Forvia réduira activement ses coûts afin d'abaisser son seuil de rentabilité d’une production mondiale de 65 millions de véhicules en 2022 à 61 millions en 2025», promet l’équipementier. Grâce à ces différents efforts, Forvia espère réduire sa dette nette à 6 milliards d’euros fin 2025, contre 8,4 milliards d’euros en juin 2022.
Faurecia sanctionné en Bourse
Les annonces du groupe ont été accueillies sévèrement en Bourse. Aux alentours de 16h15, l’action de Faurecia décrochait de 7,2%, à 13,71 euros. «Les déclarations de la Fed n’ont pas aidé, argumente Patrick Koller. Si j’observe les excellents résultats de Stellantis et la réaction du marché, je pense que nous sommes tous un peu malmenés.»
La banque centrale américaine ayant décidé de relever son taux directeur, les bourses européennes se sont ouvertes à la baisse le 3 novembre. Mais Faurecia souffre en en Bourse depuis plusieurs mois. Entre le 1er janvier et le 3 novembre, l’action de l’entreprise a dégringolé d’environ 63%. Au-delà du phénomène de sous-valorisation dont se plaignent les équipementiers automobiles, Forvia a accumulé des dettes importantes pour financer l’acquisition de Hella.
Saluée par les cabinets de conseil d’un point de vue stratégique, la fusion doit maintenant tenir ses promesses. «Les synergies de coûts annoncées précédemment sont en bonne voie pour atteindre plus de 250 millions d'euros en 2025, avec des synergies de revenus s'élevant entre 300 et 400 millions d'euros», chiffre Forvia. Reste à savoir si ces efforts suffiront alors que l’inflation sur l’énergie et les matières premières ont fait exploser les coûts des équipementiers automobiles.



