Forvia prépare son avenir en Europe avec les constructeurs automobiles chinois

Alors que le prix des voitures grimpe en Europe, l’offre chinoise pourrait séduire de plus en plus d’automobilistes. Une tendance que ne compte pas rater le groupe Forvia, né en 2022 de la fusion entre Faurecia et Hella.

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La concurrence asiatique effraie les constructeurs automobiles européens. Mais pour les équipementiers, le calcul est différent. «Nous voulons être un partenaire clé des prochains spécialistes de l'exportation», a proclamé Patrick Koller, directeur général de Faurecia, qui a officiellement fusionné avec Hella en 2022 pour former le groupe Forvia. Lundi 20 février, à la présentation de ses premiers résultats annuels, le nouvel ensemble s’est félicité de belles performances en Chine.

Malgré une perte de 382 millions d’euros en 2022, Forvia a dépassé les attentes des analystes avec un chiffre d’affaires de 25,46 milliards d’euros, en progression de 17% à périmètre et taux de change constants. À elle seule, la Chine pèse 5,38 milliards d’euros de ventes, soit une croissance de 21,6% par rapport à 2021. Cela représente aussi plus de 20% de l’activité de Forvia.

La Chine se ferme aux constructeurs occidentaux

«Assez tôt, nous avions pour objectif de mieux équilibrer nos ventes entre les constructeurs internationaux et les constructeurs chinois. Notamment pour suivre les nouveaux entrants, les spécialistes de l'électrique comme NIO. Cette stratégie fonctionne aujourd'hui», a jugé Patrick Koller. Une observation qui confirme les difficultés des constructeurs occidentaux en Chine. «La part des constructeurs occidentaux s’effrite progressivement, la clientèle chinoise se reportant de plus en plus vers les constructeurs chinois qui détiennent 50,5% du marché local en 2022 (dont 5,5% pour Baojun et Wuling, intégrés dans le groupe GM) ce qui n’était jamais arrivé depuis les années 1990», analysait le cabinet Inovev en janvier.

Outre NIO, Forvia collabore sur place avec des géants chinois tels que Geely, SAIC et BYD. «Parmi nos clients non chinois, il y a un spécialiste américain du véhicule électrique qui connaît une très forte croissance», a également pointé Patrick Koller, en référence à Tesla.

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Pour Forvia, ces partenariats répondent aussi au besoin de diversifier et dérisquer son portefeuille de clients. En 2022, la production automobile s'est élevée à 82 millions d'unités, soit à peu près au même niveau que 2012. Le directeur général de Forvia note toutefois une différence : «Les constructeurs automobiles sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux. Si vous comparez l’évolution des parts de marché, les Américains sont ceux qui ont le plus perdu, alors que les Chinois sont ceux qui ont le plus progressé.» Au lieu d'un mouvement de consolidation dans l'automobile, c'est donc un mouvement de morcellement que décrit le patron de Forvia. «Il y a de plus en plus de constructeurs parce que les barrières à l’entrée sont tombées avec l’électrification. Cette technologie permet à ceux qui n’ont pas d’activité historique de réaliser des bénéfices avec 500 000 unités», complète-t-il.

Des exportateurs chinois de plus en plus agressifs

Le poids de la Chine dans les résultats de Forvia n’est pas vraiment surprenant. Le pays représente de loin le premier marché automobile mondial avec 23,56 millions de véhicules vendus en 2022. Mais Forvia a aussi souligné le haut potentiel des constructeurs établis en Chine à l’exportation. Notamment à l’heure où le marché européen s’électrifie rapidement et où les constructeurs locaux augmentent leurs prix.

«Les segments inférieurs deviennent inabordables pour une majorité de personnes. Sur des petits véhicules électriques, l'écart entre les marques chinoises et les marques européennes est d'environ 10 000 euros. C'est un montant très important», a souligné Patrick Koller.

Pour le patron de Faurecia, la capitulation des constructeurs européens sur les véhicules électriques d’entrée de gamme pourrait s’avérer dangereuse pour le tissu local. «Cela aurait un impact sur les volumes produits en Europe. Si cela se produisait, nous devrions procéder à des restructurations en Europe et des investissements en dehors de l'Europe. Car cela signifierait davantage d'importations en provenance de Chine et, comme je l'ai déjà dit, nous sommes des partenaires solides des exportateurs potentiels de la Chine», a mis en garde le dirigeant.

Pour manifester ses ambitions en Chine, Forvia compte se rendre au salon automobile de Shanghai qui doit se tenir en avril. «Ce sera un CES bis pour Forvia. Certains observateurs vont à nouveau être surpris par la qualité des voitures chinoises», promet Patrick Koller.

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