Forvia veut fabriquer ses propres matériaux durables dans un nouveau laboratoire à Lyon

Forvia accélère dans les matériaux durables avec la création de la filiale Materi’Act. Pour accompagner la croissance de cette nouvelle entité, l’équipementier automobile va ouvrir un centre de recherche et développement à Lyon (Rhône).

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Faurecia matériaux durables
Forvia veut augmenter son utilisation de matériaux biosourcés pour améliorer son bilan carbone.

Des plastiques recyclés, du chanvre, des fibres d’ananas… Forvia exploite déjà ces différentes ressources pour fabriquer des pièces automobiles. Mais l’équipementier compte aller plus loin. Jeudi 3 novembre, à l’occasion d’une journée investisseurs, le groupe issu de la fusion entre Faurecia et Hella a annoncé le lancement de Materi’Act, une filiale dédiée au développement et à la production de matériaux durables. L’entité s’appuiera notamment sur un centre de recherche et développement qui doit ouvrir ses portes en 2023 à Lyon (Rhône).

Materi’Act souhaite employer 400 personnes dès 2025. Parmi elles, 300 pourraient travailler dans le futur laboratoire lyonnais, qui disposera également d’un atelier pilote. Le montant de l’investissement n’a pas été dévoilé, mais Forvia espère générer plus de 2 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2030 grâce à sa nouvelle marque. Ce montant représente environ 9% de l’activité de Forvia en 2021 (22 milliards d’euros).

Remonter la chaîne de valeur

«Nous connaissons exactement les molécules du pétrole. Dorénavant, nous utilisons des entrants qui ne sont plus complètement stables: soit des déchets, soit de la biomasse qui varie en fonction des saisons et des champs. Pour être sûr de bien gérer cette variabilité, nous avons décidé de remonter la chaîne de valeur et de fabriquer nos propres matières», présente à L’Usine Nouvelle Rémi Daudin, directeur de Materi’Act.

Au moment où l’inflation pèse sur le coût des matières premières, cette stratégie doit permettre aux usines de Forvia de s’appuyer davantage sur des matériaux recyclés. «En 2022, nous avons acheté pour 1,6 milliard d’euros de plastiques», a rappelé Patrick Koller, directeur général de Faurecia. «Notre propre maison mère représente un marché énorme», appuie Rémi Daudin. Mais Materi’Act se positionne aussi comme équipementier de rang 2, prêt à vendre ses produits à d’autres industriels. «Si un constructeur automobile veut mandater notre matière auprès d’un concurrent, nous n’avons aucun problème avec cela», indique Rémi Daudin. Et les dirigeants de Forvia n’excluent pas une diversification en-dehors de l’automobile.

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Des formulations étudiées à Lyon

«Nous avons de la valeur ajoutée sur les formulations adaptatives et prédictives. Nous savons exactement ce qu’il se passe quand nous mélangeons différents types de matériaux plastiques, même s’ils sont recyclés, pour avoir le résultat final attendu par les constructeurs», fait valoir Rémi Daudin. Le laboratoire lyonnais devra permettre d’élaborer et de tester ces formulations.

Au terme de ces efforts, Materi’Act souhaite proposer des produits avec une réduction de CO2 allant jusqu’à 85% par rapport aux matériaux actuels. «La gamme de produits comprend des compounds [composés] recyclés, biosourcés et capturant le carbone, des revêtements biosourcés, des fibres de carbone à faible émission de CO2, et de l'acier vert pour l'industrie automobile et au-delà», liste l’entreprise dans un communiqué. «Tous les matériaux durables de Materi’Act sont alignés avec la taxonomie verte de l’Union européenne», ajoute-t-elle.

Ce projet de Forvia complète une série d’annonces chez les industriels automobiles visant à augmenter l’utilisation de matériaux recyclés. Concurrent de Forvia, Plastic Omnium s’est allié à TotalEnergies pour concevoir de nouveaux types de polypropylènes (PP) recyclés. Et en octobre, Renault et Stellantis ont présenté, à quelques jours d’écart, des stratégies renforcées dans l’économie circulaire. Une offensive commune motivée entre autres par une volonté d’anticiper de futures contraintes réglementaires. «Pour qu’on atteigne en 2045 notre objectif de neutralité carbone, nous devons capturer du CO2. Cela ne se fera que par la biomasse. Nous avons besoin de cette activité pour tenir nos engagements», conclut Patrick Koller.

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