Portrait

[Femme de projet 2023] Sylvie Richard, l'antistress d’EDF

Sylvie Richard, la directrice du programme Grand carénage d'EDF, est lauréate des Trophées des femmes de l’industrie 2023 dans la catégorie Femme de projet. La cérémonie, organisée par L'Usine Nouvelle, a eu lieu le 28 septembre.

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Sylvie Richard, directrice du programme Grand carénage d'EDF.

Sylvie Richard, la nouvelle directrice du Grand carénage d’EDF – programme de quinze ans doté de 66 milliards d’euros de budget pour moderniser le parc nucléaire historique –, a un grand talent. Elle n’est pas juste «une femme exceptionnelle», connue pour son «management exigeant et bienveillant», comme l’explique Cédric Lewandowski, le directeur exécutif de la production nucléaire et thermique du groupe EDF, son supérieur hiérarchique.

Si ce dernier l’a aussi choisie, en mai 2022 pour gérer la crise de la corrosion sous contrainte, un «aléa majeur», hors du périmètre du grand carénage qui a mis plus de la moitié des réacteurs nucléaires d’EDF à l’arrêt, c’est pour son talent précieux : protéger ses équipes du stress. «Alors que le sujet allait de rebondissement en rebondissement» et que les ennuis de corrosion se sont étendus de quatre réacteurs concernés à 14 puis aux 56 réacteurs du parc nucléaire, Sylvie Richard a «cherché à amortir et à laisser paraître à l’équipe le moins possible la pression élevée du corporate, de l’ASN, du gouvernement, afin de créer les conditions de la sérénité», explique Cédric Lewandowski. Un management de crise exemplaire, salué aux plus hauts niveaux de l’État.

Tout son potentiel

Rien de surprenant venant de cette ingénieure diplômée de l’Ensta Paris après une maîtrise de physique à Orsay, qui a fait toute sa carrière à EDF. Le service de détection des hauts potentiels d’EDF l’envoie en voyage d’études aux États-Unis, lui paie un MBA à Lausanne, en Suisse, afin de lui donner l’occasion d’exprimer tout son talent. Sur le terrain d’abord, en tant que responsable de l’équipe de maintenance, 120 personnes, à la centrale de Dampierre-en-Burly (Loiret), où son management bienveillant lui a servi de protection face au sexisme ambiant.

Puis comme responsable des affaires publiques de Fessenheim (Haut-Rhin), déjà menacée de fermeture, avant de prendre la direction de celle du Tricastin (Drôme), la cinquième femme à occuper ce niveau de responsabilité chez EDF. Là, elle continue à manager dans un environnement masculin des équipes «adorables» mais «très inventives» quant aux procédures. Il fallait alors préparer la première des visites décennales, décisive pour la prolongation des plus vieilles centrales au-delà de quarante ans. En 2019, elle est rappelée à Paris, pour piloter Start 2025 (le programme Soyons tous acteurs de la réussite des arrêts de tranche).

Sa mission ? Embarquer 17000 personnes à tenir les délais des arrêts pour maintenance et chargement de combustibles, qui dérapaient systématiquement. Le plan n’est pas achevé, mais il est sur les rails. Sylvie Richard peut se consacrer au grand carénage. À moins que le nouveau PDG, Luc Rémont, ne décide de la faire monter au comex du groupe. Elle y aurait toute sa place.

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"Avec Léonard de Vinci, pour sa dualité entre un esprit créatif, artistique, sensible et une rigueur scientifique. Aucune discipline ne l’a rebuté."

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