Les longues périodes de confinement auront peut-être réveillé des souvenirs de soirées au coin du feu, face à un poêle ou une cheminée. Un acte moins écologique qu’il n’y paraît. Constatant qu’en 2018, le chauffage au bois domestique était responsable de 43% des émissions de particules fines de type PM 2,5, ainsi que plus de la moitié des très fines émissions particules PM 1,0, le gouvernement soumet au public une consultation visant à réduire de 50% entre 2020 et 2030 la pollution atmosphérique générée par le chauffage au bois domestique. Il s’agit du premier émetteur de particules fines en France. “Une combustion de mauvaise qualité peut émettre jusqu’à dix fois plus de particules fines, particulièrement dangereuses pour la santé”, constate Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.
Un objectif d’une baisse de 50 % des émissions de particules fines entre 2020 et 2030 “dans les territoires les plus pollués” a été voté mi-avril par les députés, dans le cadre de l’examen de la loi Climat et résilience. Conformément aux principes de mise en œuvre de la participation du public aux décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement, il est donc possible de s’exprimer, jusqu’au 30 avril 2021, sur la sensibilisation du grand public à l’impact sur la qualité de l’air d’un chauffage au bois à partir d’un matériel de mauvaise qualité; d’une refonte des dispositifs d’aide au renouvellement des appareils; d’une évolution de la labellisation des équipements; de la création d’un label destiné à améliorer la qualité du combustible; de durcir l’utilisation du chauffage au bois dans les zones les plus polluées et d’enrichir les connaissances sur l’impact de la combustion.
Des pratiques à repenser
Le plan proposé vise à remplacer 600 000 appareils non performants, entre 2021 et 2025, par l’installation de poêles à bûches ou granulés performants (100 000 par an), et l’installation d’inserts dans les foyers ouverts (20 000 par an). Objectif : réduire de 6 000 tonnes les émissions annuelles de PM 2.5, correspondant à une réduction de 12 % des émissions annuelles du secteur du chauffage au bois par rapport à 2020.
Aujourd’hui, un Français sur quatre a recours au chauffage au bois. 6,5 millions d’appareils composent actuellement le parc. D’après la programmation pluriannuelle de l’énergie, 10 à 11 millions de logements chauffés pourraient l'être au moyen de la biomasse solide à l’horizon 2028. Dans la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, l’usage des cheminées à foyer ouvert sera proscrit à compter de janvier 2022. Une décision prise en 2019 qui préfigure celle soumise à consultation, suggérant que, dans les zones les plus polluées, les préfets pourraient interdire l’utilisation d’outils de chauffage biomasse non performants.
Face au maquis des aides disponibles (notamment par l’intermédiaire de MaPrimeRénov’), le projet fait état de la création d’une plateforme d’information dédiée au remplacement des appareils domestiques de chauffage au bois. Les fonds gérés par l’Ademe pourraient aussi être abondés. Les étiquettes “Flamme verte”, qui précisent depuis 2010 la classe de performance environnementale, pourraient voir leurs critères évoluer, dans la foulée de l’entrée en vigueur de la directive Ecoconception enjanvier 2022. Celle-ci “contribuera à l’exclusion du marché des poêles et inserts peu performants”. Parmi les autres objectifs figure le passage de 20% à 40% du marché formel de la bûche. Autant de sujets sur lesquels il est actuellement possible de donner son avis.



