L’enseignement supérieur français se mobilise pour accueillir les chercheurs américains

CentraleSupelec et l'Université PSL se mobilisent pour accueillir des chercheurs américains, alors qu’aux Etats-Unis les subventions en faveur de certains sujets de recherche sont coupées par le président Trump. Ces écoles rejoignent ainsi un mouvement initié, dans l'enseignement supérieur, par l'Université Aix-Marseille.

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CentraleSupelec
La fondation CentraleSupelec a mobilisé un fonds de 3 millions d'euros en faveur de l'accueil de chercheurs américains.

Après Aix-Marseille Université (AMU) début mars, c’est au tour de CentraleSupelec et de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL) de s’engager en faveur de l’accueil de chercheurs basés aux États-Unis. Confrontés aux coupes budgétaires qui pèsent sur la recherche américaine et à la censure de l’administration Trump, une partie de ces scientifiques pourraient poursuivre leurs travaux en France.  «L’école s’associe à l’initiative “Safe Place For Science” lancée par l’AMU, explique Romain Soubeyran, directeur de l’école d'ingénieurs. La fondation CentraleSupelec a lancé un fonds de dotation de 3 millions d’euros.»

Cette somme servira à financer l’implantation des chercheurs dans l’Hexagone, d’un point de vue scientifique, avec le recrutement d’équipes ou l’achat de matériel, mais aussi d’un point de vue personnel, avec des aides au déménagement par exemple. «À ce stade, nous visons environ 5 chercheurs de haut niveau, qui pourraient recruter une petite équipe autour d'eux, explique le directeur. Mais nous gardons un maximum de flexibilité, en fonction des demandes et des talents. Le succès du fonds pourrait être un argument pour solliciter de nouveaux dons des alumni.»

L’Université PSL, qui regroupe des écoles comme l’Ecole Normale Supérieure Ulm, les Mines de Paris ou Chimie ParisTech s’engage de son côté à accueillir temporairement 15 chercheurs et post-doctorants américains, dans des domaines clé pour elle : le climat, l'intelligence artificielle, la santé et les sciences sociales, a indiqué son président, El Mouhoub-Mouhoud.

Une mobilisation qui dépasse l’enseignement supérieur

Cet engagement, qui devrait être suivi par d’autres établissements dans les semaines à venir, est encouragé par le gouvernement. Dans un courrier, le ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, interroge les acteurs de la recherche sur l’identification des «réflexions, alertes, analyses et propositions concrètes en la matière, tant sur les technologies et champs scientifiques prioritaires que sur les dispositifs eux-mêmes à mobiliser ou à mettre en place». Les moyens concrets accordés par l’État en faveur de l’accueil de chercheurs américains n’ont cependant pas encore été dévoilés. Parallèlement, la Fondation Arc, dédiée à la recherche contre le cancer, a annoncé mobiliser 3,5 millions d’euros pour l'accueil de chercheurs américains en France.

Le 18 mars dernier, 370 acteurs de la recherche en France et en Europe ont publié dans Le Mondeune tribune sur le sujet. Parmi eux se trouvent des chercheurs du CNRS et de l'INRIA ainsi que des enseignants d’écoles d’ingénieurs et d’universités (Grenoble INP, Université Paris-Saclay…). La censure de l’administration Trump concerne entre autres les sciences du climat et menace donc la lutte contre la crise climatique à l’échelle mondiale. Elle risque d'entraîner l’arrêt de certains projets collaboratifs entre les équipes américaines et celles du Vieux Continent. Les signataires de la tribune appellent donc à la mise en place d’un fonds spécifique européen en faveur de l’accueil d’urgence à l’échelle européenne, doté de 750 millions d’euros au minimum.

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