Le plan de redressement de la SLN, filiale d’Eramet en Nouvelle-Calédonie, progresse enfin. La SLN et le gouvernement indépendantiste de Nouméa ont signé des « engagements réciproques » pour assurer un « avenir durable » à l’industriel historique du nickel. Après plus d’un an de discussions, le gouvernement local a autorisé le groupe minier à augmenter ses exportations de minerai de nickel à faible teneur de 4 à 6 millions de tonnes.
Cette autorisation était l’une des conditions considérées comme cruciales par Eramet pour mener à bien le plan de sauvetage arrêté en 2019 pour redresser la rentabilité de sa filiale. En déficit chronique depuis une décennie, la production de ferronickel sur le caillou est fortement concurrencée par les productions à bas coût d’Indonésie. Eramet compte augmenter les recettes générées par ces exportations de minerai brut à basse teneur, pas ou peu valorisables à un coût compétitif par son usine de Doniambo, pour compenser les pertes de l'usine métallurgique. En 2021, la SLN a exporté près de 3 millions de tonnes de minerai brut et devrait dépasser les 4 millions dès 2022, alors que les exportations de ferronickel sont en recul. Le dossier est politiquement délicat en Nouvelle-Calédonie, où la doctrine nickel, défendue par les indépendantistes, repose sur la transformation locale du minerai.
L'approvisionnement compétitif en électricité reste en suspens
En contrepartie, la SLN s’engage donc à investir 250 millions d’euros d’ici à 2025 dans la modernisation de ses équipements. Ces investissements devraient permettre de renouveler des équipements de l’usine métallurgique de Doniambo et des mines. Ceux-ci devraient être financés directement par les recettes générées par la hausse des exportations.
A la clé, 200 emplois doivent être créés. Le groupe minier, qui emploie déjà 1000 salariés, va aussi porter à 8 millions d’euros par an ses investissements sociétaux. Une École des Mines va être créée pour former les ingénieurs locaux. « Depuis trois ans, la société a entrepris une refonte de son modèle économique, social et sociétal, dont les effets commencent à porter leurs fruits sans pour autant être suffisants », souligne la SLN dans un communiqué. Après avoir été placée sous mandat ad hoc fin 2020, elle profite du rebond des prix du nickel depuis la fin de l’année.
Un dossier majeur reste en suspens pour redresser la SLN: celui de l’approvisionnement en énergie, à un prix plus compétitif, de l’usine de Doniambo. Le gouvernement de Nouméa s’est engagé à trouver une solution avant 2026 pour fournir à la SLN une énergie décarbonée à un coût de 5 à 8 francs CFP le kilowattheure. L’appel à projet pour le remplacement de la centrale de Doniambo est en cours. La question est urgente pour Eramet: l’arrêt définitif en mai d’une des quatre tranches de la centrale vétuste a augmenté les risques de rupture d’alimentation de l’usine métallurgique à court terme. Le groupe Eramet plaide pour une solution d’urgence, avec l’installation d’une centrale accostée temporaire, alimentée au fuel, afin de suppléer la production de la vieille centrale avant fin 2022.



