Eramet est repassé dans le rouge en 2019, avec un résultat net part du groupe à - 184 millions d’euros et un chiffre d’affaires en baisse de 4 %, à 3,7 milliards d’euros sur l’exercice. En conséquence, le groupe minier et métallurgique français suspend ses projets d’investissements sur 2020, sauf à Weda Bay, en Indonésie, où la production de fonte de nickel avec son partenaire chinois Tsingshan doit démarrer au premier semestre. Son projet d’extraction du lithium en Argentine est mis sous cocon, malgré les bons rendements de l’usine pilote, qui placerait le coût opérationnel du gisement dans le premier quartile des projets mondiaux.
Les choses ne vont pas beaucoup mieux dans les autres divisions du groupe. La baisse de 21 % des cours du manganèse et des charges fiscales exceptionnelles a pesé sur le résultat de Comilog au Gabon. Les investissements prévus en 2020 y sont temporisés. En Nouvelle-Calédonie, les troubles sociaux dans les mines de nickel ont ralenti l’alimentation en minerai de l’usine de la SLN, contrecarrant l’abaissement des coûts malgré les résultats encourageants de la stratégie d’export d’une part du minerai brut. Dans la branche alliages, Aubert & Duval peine à se remettre de non-conformités révélées en 2018. L’année 2020 ne s’annonce pas meilleure, avec une nouvelle baisse de l’Ebitda – à 400 millions d’euros, contre 630 millions en 2019. Ce, avant même un éventuel impact de l’épidémie de Covid-19 en Chine, premier consommateur mondial de manganèse et de nickel.



