Pour une activité au moins, le rachat d’Alstom Energie par General Electric en 2015 aura été une réussite. Le groupe américain a su faire fructifier le savoir-faire français en matière d’éolien en mer d’Alstom. Et ce, malgré les retards pris dans le lancement des parcs français. Sa division GE Renewable Energy, dont le siège est à Boulogne (Hauts-de-Seine), a réussi à maintenir tant bien que mal l'activité de l’usine d’assemblage de nacelles d’éoliennes construite en 2014 par Alstom à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), sur le port de Saint-Nazaire.
Alstom avait été retenu par EDF pour les parcs de Saint-Nazaire, Courseulles-sur-Mer et Fécamp. En 2012, Alstom s’engageait même à construire quatre usines, deux à Saint-Nazaire et deux à Cherbourg. Une seule sera construite avant le rachat. GE a pu y assembler les nacelles d’éoliennes de 6MW pour le projet allemand Mercure, le temps que démarre celui de Saint-Nazaire, piloté par EDF… en juin 2019.
L'ex-usine d'Alstom à pleine charge
Le 15 septembre 2020, GE Renewable Energy sortait d’usine la première des 80 nacelles d’éoliennes Haliade-150 de 6 MW, conçues par Alstom, pour le parc EDF de Saint-Nazaire. Elles sortent maintenant au rythme d’une "tous les 3,7 jours", indique Antoine Rasquin, le directeur du site industriel. L’usine emploie 350 personnes, dont 112 CDI et 40 en CDD. Les autres sont des intérimaires.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2.2337+2.05
3 Avril 2026
Gazole France TTC€/litre
Les pales des éoliennes et les mats, eux, sont produits en Espagne. Les pales de 73 mètres de long sont réalisées chez LM WindPower, filiale de GE, à Castellon. Les mâts de 150 mètres sont achetés à un sous-traitant de Séville. La mise en service du parc éolien en mer de Saint-Nazaire est attendue mi-2022.
Montoir-de-Bretagne sollicité sur l'Haliade-X
Ensuite, l’usine de Montoir-en-Bretagne se tournera vers l’export. En 2018, GE a en effet décidé d’investir 400 millions d’euros en France pour développer une éolienne beaucoup plus puissante, l’Haliade-X de 13 MW. Il lui fallait donc se doter de l’outil industriel ad hoc. Là encore, GE a mis à profit les compétences héritées d’Alstom en les renforçant. C’est le bureau d’ingénierie dédiée, installé à Nantes avec 200 personnes, qui l’a conçue. Les deux premiers prototypes de l’Haliade-X ont été assemblés à Montoir-de-Bretagne, alors que le site était inoccupé entre le projet Mercure et celui de Saint-Nazaire.
400 millions d'investissements en France
Après la production pour Saint-Nazaire, l’usine sera agrandie et sa cadence de production augmentée pour la production en série de nacelles de 13 MW, pour des grands projets en mer du Nord (4,8 GW à Dogger Bank, soit 400 turbines et 1 200 pales) et aux États-Unis (1,2 GW sur les parcs Skip Jack et Ocean Wind).
En 2019, GE a en effet annoncé renoncer aux contrats de Fécamp et Courseulles-sur-Mer. Produire des éoliennes de petite puissance ne l’intéresse plus.
Une usine LM Wind Power à Cherbourg
D’ailleurs, l’usine de pales que sa filiale LM Wind Power a inaugurée le 6 novembre 2019 sur le port de Cherbourg (Manche) - tenant en partie l'engagement d'Alstom de 2012 - est déjà entièrement dédiée à la fabrication de pales géantes de 107 mètres de long pour l'Haliade-X. Cette usine de 30 000 m², longue de 300 mètres, installée au bord de l’eau sur un terrain de 11,5 hectares, a bénéficié d’un investissement public de 50 millions d’euros. Elle emploie 300 personnes. Mais pour remplir les nouveaux contrats à l’export, 400 embauches supplémentaires ont été annoncées en septembre 2020 par Jérôme Pécresse, PDG de GE Renewable Energy.
Déjà annoncés, 250 concernent l’usine de Cherbourg. Le bureau de Nantes gagnera 50 postes. Le détail des autres créations de postes et la date prévisible de ces embauches n’ont pas été précisés.



