[Entracte-Livres] "A l’époque où les puces font leurs lois", de François Francis Bus

Dans ce livre, accessible à tous, François Francis Bus retrace l’incroyable épopée des puces électroniques, vécue de l’intérieur chez Texas Instruments. Avec de nombreuses anecdotes pour le moins inédites. Cet essai arrive à point nommé à l'heure où la pénurie de ces petits pavés de silicium souligne leur rôle névralgique dans l’économie.

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Chipsets
Une histoire des puces électroniques qui rappelle leur rôle clé.

Aujourd’hui, la plupart des puces électroniques se présentent sous la forme d’un petit pavé de silicium. Cela n’a pas toujours été le cas. Les premières puces dans les années 1950 étaient en germanium. C’est Fairchild, une nouvelle société considérée comme le berceau de la Silicon Valley (elle donnera naissance à une trentaine d’entreprises dont Intel et AMD), qui a lancé, au début des années 1960, la transition vers le silicium, un matériau semi-conducteur plus répandu et plus facile à manier que le germanium.

Bataille de la paternité de l'invention du circuit intégré

C’est-ce qu’on apprend dans À l’époque où les puces font leurs lois, de François Francis Bus, paru aux éditions Books on Demand. Dans un langage accessible à tous, l’auteur retrace l’épopée incroyable de cette industrie, depuis l’invention du transistor au Bell Labs en 1949 jusqu’à l’entrée de sa technologie dans nos poches par les smartphones.

Les premières puces sont des composants discrets. Mais « la tyrannie des nombres », avec ses impacts négatifs en termes d’encombrement, de complexité, de fiabilité, de consommation et de coûts, a conduit au développement du circuit intégré, regroupant de façon monolithique une multitude de composants discrets. L’auteur rappelle la bataille de paternité de cette invention en 1959 entre Jack Kilby de Texas Instruments et Robert Noyce de Fairchild. Les deux protagonistes finiront par conclure la paix, ouvrant la voie à d’autres inventions comme le microprocesseur ou les mémoires.

A l'epoque ou les puces font leurs lois
A l'epoque ou les puces font leurs lois A l'epoque ou les puces font leurs lois

L’histoire des puces est intimement liée à celles des produits qu’elles ont rendus possibles, depuis le transistor jusqu’au téléphone mobile, en passant le PC, le Macintosh, les montres électroniques ou encore la carte à puce, une invention qui a le mérite d’être française. Le livre revient sur la genèse de tous ces produits, devenus aujourd’hui des commodités de tous les jours. La loi de Moore, qui régit la progression de cette industrie, n’est pas oubliée. Mais l’auteur se garde de trancher le débat entre ceux qui prévoient sa fin imminente et ceux qui tablent sur sa continuation.

Le mot puce né chez Texas Instruments en France

Ingénieur Arts & Métiers, François Francis Bus, qui a fait une grande partie de sa carrière chez Texas Instruments, raconte la génèse extraordinaire de cette industrie à partir de son expérience dans cette entreprise américaine qui a joué un rôle pionnier dans ce développement et qui figure aujourd’hui dans le top 7 mondial des fournisseurs de semi-conducteurs. " J’ai eu la chance de vivre cette histoire de l’intérieur ", confie-t-il à L’Usine Nouvelle.

On apprend ainsi que le mot « puce » est né en France dans l’usine de Texas Instruments de Villeneuve-Loubet, près de Nice (Alpes-Maritimes), car, les premiers composants, de par leur forme et petite taille, sautaient lors de leur manipulation. Ce site, l’un des premiers dans le domaine dans l'Hexagone et en Europe, a atteint 2 500 personnes. Mais, devant les changements des conditions du marché, le groupe a été contraint de le fermer complètement en 2013.

Taïwan au centre de la diplomatie des puces

Cette histoire nous apprend les bouleversements du paysage dans cette industrie avec la disparition de presque tous les pionniers, comme Motorola, RCA ou Fairchild. IBM a longtemps marqué cette industrie en étant à la fois le plus gros consommateur et le plus gros producteur de puces. Il y a quelques années, il a décidé de tirer un trait sur son activité dans ce domaine. Texas Instruments semble être le seul à avoir survécu à tous ces changements. Il peut se targuer d’avoir fait essaimer le fondeur taïwanais de puces TSMC, qui fait aujourd’hui l’objet de toutes les attentions en raison de sa position centrale dans la production mondiale de semi-conducteurs. En effet, Morris Chang, le fondateur de TSMC, a passé une grande partie de sa carrière chez Texas Instruments.

Cet essai arrive à point nommé à un moment où l’industrie, notamment automobile, souffre d’une pénurie de puces qui préoccupe jusqu’au sommet des Etats. Cette crise rappelle combien les puces jouent un rôle clé dans l’économie mais aussi dans notre vie à travers les produits du quotidien. Taïwan devient au centre de la diplomatie des puces de par le rôle névralgique que jouent ses fondeurs, TSMC en tête.

À l'époque où les puces font leurs lois, François Francis Bus, éditions Books on Demand

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