Bilan carbone par-ci, neutralité carbone par-là, stratégie bas carbone… Autant de notions bien connues des entreprises qui n’apparaissent pas toujours clairement aux yeux du grand public. Depuis le 16 octobre, jusqu’au 11 mai 2025, le musée des Arts et Métiers s’empare de la thématique avec Empreinte carbone, l’expo !
«C’est une exposition qui a beaucoup de données, qui est très bavarde, présente Anaïs Raynaud, l’une des deux cheffes en charge du projet. On a essayé autant que possible d’avoir un discours ni trop anxiogène, ni trop complexe. Le but a été de donner des outils pour pouvoir réfléchir autour des idées reçues».
Gaz naturel inhérent à la vie terrestre, le dioxyde de carbone est devenu, en l’espace de deux siècles, le principal gaz à effet de serre, et le premier contributeur au réchauffement climatique, rappelle l’expo dès son introduction.
Frederique Toulet Deuxième volet de l'exposition, l'Engrenage des usages se concentre sur l'alimentation, permettant de saisir comment des choix quotidiens produisent sur le long terme des empreintes très différenciées.
Les maillons de la réduction
Comment en est-on arrivé là, quelles sont les solutions pour éviter la catastrophe ? Du rôle de l’énergie à l’impact de nos habitudes de consommation, en passant par celui des moyens de production, des modes de transport et de la fin de vie, les étapes se succèdent de manière ludique et didactique, mêlant objets, schémas et dispositifs de médiation. «Les dispositifs servent surtout à s’exprimer, précise Marjolaine Schuch, également en charge de l’expo. Ils révèlent nos pratiques et comment elles se traduisent. On laisse ensuite le visiteur s’y confronter pour voir si cela lui convient ou s’il veut en changer».
Décomposée en trois séquences, «la machine à carbone» qui s’attarde sur les objets, «l’engrenage des usages», qui se concentre sur nos pratiques – l’alimentation en particulier -, et enfin, «la fabrique des solutions», pour les réponses techniques, l’exposition temporaire qui s’adresse à un public dès 7 ans, vise moins à culpabiliser qu’à interroger.
Frederique Toulet Composez son menu idéal à partir de 25 ingrédients différents et découvrez l'empreinte carbone. Attention au bilan carbone du Quinoa.
Exposition moins carbonée
«Il faut une accumulation de changements : techniques, d’usage, politiques et industrielles, si l’on souhaite obtenir une amélioration significative», estime Marjolaine Schuch qui rejette le techno-solutionnisme comme unique réponse au développement durable. En cohérence avec le propos, les organisateurs d’Empreinte carbone indiquent s’être eux-mêmes soumis à l’exercice de réductions.
Le musée a, pour la première fois, réalisé le bilan carbone d’une exposition. «Nous avons réduit de 8 tonnes de CO2 (sur 18 t), essentiellement grâce au réemploi», indique Anaïs Raynaud. Une pratique qui devrait être pérennisée.
Outre la visite, une série d’ateliers, de conférences et de rencontres est organisée autour de la réduction. Un week-end sur le thème du "numérique durable" se déroulera du vendredi 7 au 9 février 2025, et un autre, intitulé "low tech", organisé du 28 au 30 mars 2025, fera la part belle aux techniques simples pour repenser sa relation aux technologies. Une bouffée d'oxygène.
Frederique Toulet La dernière partie passe en revue des solutions éprouvées, en cours de développement ou encore très hypothétique, interpellant le regard critique du visiteur pour qu'il puisse en juger la viabilité et décider s'il pourrait ou non les adopter.



