C’est un plan très ambitieux, sur lequel Tokai Cobex Savoie est longtemps resté discret. Racheté en 2020 par le japonais Tokai Carbon, l’ex-Carbone Savoie, spécialiste du graphite pour les cuves d’électrolyse d’aluminium, se diversifie.
Depuis 2018, il adapte en secret ses procédés au marché émergent des batteries. Sans publicité, il a installé en 2022 un premier démonstrateur industriel capable de produire 20 000 tonnes de graphite pour batterie par an. De quoi équiper 30 000 voitures électriques. Une belle performance, car cette poudre ultra-pure, dont les grains mesurent une dizaine de microns, est produite à près de 100 % en Chine. Un monopole dont Pékin n’hésite pas à jouer.
Un procédé plus économe
Tokai Cobex Savoie mise sur un procédé de production de graphite artificiel, qui utilise du coke de pétrole chauffé à très haute température, bien plus économe en énergie et en matière que ce qui existe en Chine. Le fabricant promet une réduction jusqu’à 95 % des émissions de CO2 par kilo de graphite. Un gain notable car ce matériau, peu coûteux, peut représenter plus du tiers de l’empreinte carbone d’une batterie. Tokai cherche maintenant des partenaires pour investir 500 millions d’euros en France et pour faire monter ses capacités à 50 000 tonnes d’ici à 2027. Il prévoit par la suite deux usines en Europe et aux États-Unis, d’une capacité de 100 000 tonnes et 1,5 milliard de tonnes chacune.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3736 - Novembre 2024



