Sur son site historique de production du Babybel, à Évron (Mayenne), le groupe laitier Bel s’est converti au bois énergie mi-2022. Un changement pas anodin pour sa production de 25 000 tonnes de fromage. «Il est assez délicat de conduire une chaudière biomasse. Cela suppose une production industrielle plus calculée, plus anticipée», résume, avec un an et demi de recul, le directeur du site Léonard Didiot, directeur du site.
L’inertie liée à la chaudière biomasse implique de lisser la consommation d’énergie du site, voire de faire évoluer certains processus de fabrication. La chaudière, qui participera de la neutralité carbone de l’usine en 2025, voit son exploitation confiée à Idex, l’installateur. «Cela permet d’externaliser le risque. Nous nous engageons sur les résultats, que ce soit la disponibilité de la vapeur, la quantité produite, le prix...», indique Didier Roux-Dessarps, le directeur industriel d’Idex.
6 millions d'euros d'investissements avec des aides publiques
Le deuxième atout est financier : l’industriel n’a pas besoin de mobiliser du capital, ajoute le dirigeant, dont les plus de 6 millions d’euros d’investissement ont été subventionnés à hauteur de 45%. Le gaz est toujours de la partie à l’usine d’Évron, bientôt en version biogaz, car les chaudières dédiées ne sont pas près de disparaître. Les quatre à six semaines de maintenance annuelle pour la biomasse imposent de conserver des capacités couvrant l’intégralité de la consommation du site. Il faut aussi faire face aux pics : «Le seul moyen d’avoir une bonne gestion est d’être en relation permanente avec la personne de l’usine qui gère la chaudière à gaz et d’avoir une information précise sur la quantité de vapeur nécessaire. Nous pouvons ainsi adapter nos “recettes” de bois pour jouer sur la puissance», indique Benoît Huard, qui pilote la chaudière sur site. Prochaine étape probable : confier la chaudière gaz à Idex pour qu’il assure l’ensemble des besoins en vapeur du site.
Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3727 - Février 2024



