En inaugurant son centre de recherche à Saclay, Danone acte son retour dans la course à l'innovation

Le géant français de l’agroalimentaire Danone a ouvert les portes de son nouveau centre de recherche international à Paris-Saclay (Essonne), chargé de relancer le groupe dans la course à l’innovation. 

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Antoine de Saint-Affrique Danone AFP NE PAS REUTILISER
Le nouveau centre de recherche sera chargé d'explorer les liens entre santé et alimentation. Antoine de Saint-Affrique, arrivé à la tête de Danone fin 2021, l'a inauguré ce 6 février en présence d'Elisabeth Borne.

C’est dans un nouveau centre flambant neuf à Saclay (Essonne) que Danone a dévoilé ce 6 février ses ambitions en matière d’innovation. «Un site tourné vers l’avenir», a commenté Antoine de Saint-Affrique, le patron du groupe, à l’occasion de son discours inaugural. L’investissement, 100 millions d’euros pour le foncier et le bâtiment, auquel il faudra ajouter des recrutements pour faire tourner une équipe de 550 collaborateurs, principalement des chercheurs, symbolise les ambitions en matière d'innovation du groupe.

Arrivé à la tête de Danone fin 2021, Antoine de Saint-Affrique a identifié très vite deux axes de travail, détaillés quelques mois plus tard dans le plan Renew Danone : retrouver de la performance et innover. Pour le premier point, le groupe se montre confiant quant à son objectif de renouer avec une marge opérationnelle courante de plus de 12% sur 2022 – dans l’attente des résultats définitifs de l'exercice. Le nouveau centre de recherche de Saclay, qui remplace celui vieillissant où Danone avait posé ses cartons en 2002 (à quelques centaines de mètres de là), tombe à pic pour illustrer le volet innovation de la stratégie.

Il s'agit ici d’explorer les liens entre alimentation et santé, que ce soit par l’étude du microbiote intestinal, un thème cher au groupe, mais aussi en approfondissant des connaissances sur les ferments, qu’ils soient d’origine animale ou végétale. Sur ce dernier point, Danone a rappelé son engagement dans le programme de recherche Ferments du Futur, piloté notamment avec l’Inrae, et doté de près de 50 millions d’euros. Le groupe souligne qu'il dispose d'une bibliothèque de 1900 ferments. La première ministre Elisabeth Borne, chargée d’inaugurer le bâtiment, a félicité une entreprise «qui ne va pas seulement chercher ce qui est efficace, mais ce qui est meilleur et durable».

Qualité plutôt que quantité

L’ambition d’innover ne se matérialisera pas forcément par de multiples lancements de nouveaux produits. «Nous avons lancé déjà de nombreux produits ces dernières années, explique Isabelle Esser, directrice recherche et innovation du groupe, une ancienne d’Unilever chez qui elle a supervisé la R&D pendant plus de vingt ans. L’objectif est plutôt de développer des produits de qualité supérieure, avec des études qualitatives et des tests qui prouvent la qualité organoleptique des produits.»

Une manière pour Danone de sortir par le haut du contexte de guerre des prix en grande surface et de se positionner sur de la "croissance rentable", selon l’expression chère au patron. Le groupe met notamment en avant ses gammes très protéinées, comme les yaourts Hipro. Est-ce que cette stratégie pourra mener à de nouvelles acquisitions ? Les dirigeants se montrent peu diserts. Ils préfèrent souligner la nécessité de sortir de la logique «tout en interne», ce qui signifie que le groupe saura s'appuyer sur des partenaires, à côté des secteurs où son expertise est incontestée. 

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