Lentement mais sûrement, le projet de recherche nucléaire ITER (pour International Thermonuclear Experimental Reactor) s’achemine vers une mise en service en 2025. Lundi 9 mars, le chantier de construction a franchi une nouvelle étape : la fabrication en Europe de la première bobine de champ toroïdal. Cet énorme composant sera placé au centre du futur réacteur de Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Un aimant de 320 tonnes
L’aimant supraconducteur pèse 320 tonnes pour une hauteur d’environ 17 mètres. Il fait partie des plus gros composants dans l’architecture d’ITER. Au total, 18 bobines semblables seront positionnées autour d’une chambre à vide pour générer un champ magnétique et confiner le plasma d’hydrogène produit par le réacteur expérimental.
À terme, les scientifiques souhaitent étudier ce plasma et le phénomène de fusion nucléaire pour reproduire sur Terre les réactions naturelles à l’oeuvre au coeur du Soleil et des autres étoiles. L’objectif final est d’obtenir une source d’énergie massive et sans émissions de carbone. Cette aventure fédère 35 pays et des centaines d’entreprises autour du site de Cadarache.

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700 personnes et 40 entreprises derrière le chantier
Dix bobines sont fournies par l’Europe et neuf autres par le Japon (un exemplaire de rechange). Ce chantier de construction implique 700 personnes et 40 entreprises et devrait s’étaler jusqu’en décembre 2021. Le Japon a déjà construit sa première bobine qui doit arriver dans les Bouches-du-Rhône en mai 2020 mais l’aimant présenté le 9 mars est le premier fabriqué en Europe.
Iter Organization “Des ‘câbles en conduit’ (CICC), dotés d'un circuit de refroidissement interne et formés de brins d'alliage supraconducteur et de cuivre enserrés dans une gaine d'acier, constituent les éléments de base du système magnétique”, explique ITER Organization. L’alliage en question est fait de niobium-étain (Nb3Sn) et présente “les plus grandes difficultés technologiques”, selon l’organisation intergouvernementale.
Deux entreprises françaises parmi les principaux acteurs
Parmi les entreprises qui ont contribué à la fabrication de la première bobine de champ toroïdal européenne, on retrouve : la société Luvata (filiale de Mitsubishi Materials Corporation) pour les brins de cuivre ; Oxford Instruments Superconducting Technology (Royaume-Uni) et Bruker European Advanced Superconductors (Allemagne) pour les brins de niobium-étain ; le consortium italien ICAS pour le câblage, le gainage et le bobinage des conducteurs ; ou encore les entreprises CNIM (France) et SIMIC (Italie) pour les plaques radiales (armature en acier).
Christophe Chabert / Fusion For Energy (À Toulon, dans le Var, deux plaques radiales pré-usinées et prêtes pour les opérations de soudage par faisceau d'électrons sur un site de CNIM. Crédit : Christophe Chabert)
Après avoir passé des derniers tests, la bobine doit quitter le port de Marghera à Venise (Italie) le 11 mars pour rejoindre Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) le 17 mars. La pièce sera ensuite déplacée par une barge puis par la route pour arriver sur le site de Cadarache le 3 avril.



