Le directeur général de Renault, Luca de Meo, y voit "le concurrent de la Volkswagen ID en Europe", en référence au modèle ID.3 lancé par le géant allemand cette année. Dans le cadre de son événement dédié à la mobilité de demain "eWays", Renault a présenté jeudi 15 octobre un nouveau concept, la Mégane eVision. Ce showcar préfigure le futur modèle 100% électrique que le constructeur au Losange doit présenter en 2021, et qui s’appuie sur la nouvelle plate-forme modulaire de l’Alliance CMF-EV.
Un véhicule qui détonne, puisque ses lignes rappellent à la fois les très populaires SUV et les berlines compactes - un hommage à ses origines et à son nom, Mégane, réinventé avec un "e" final très électrique.
Renault Avec ce concept, Renault lance un nouveau modèle électrique, huit ans après l'arrivée de la désormais célèbre citadine Zoé. Un véhicule qui vise à permettre de répondre à l’objectif fixé par son nouveau directeur général: attaquer le segment C. "La prochaine offensive de Renault sera sur le segment C, C+ et nous allons capitaliser sur la force de Renault dans l'électrique et dans l'hybride", a insisté Luca de Meo lors de la présentation du véhicule à Meudon (Hauts-de-Seine). De quoi permettre de "recentrer Renault dans des segments et des marchés où l'on est capables de faire de la marge".
Habitabilité de segment C

- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
Dans une note diffusée en interne en septembre, Luca de Meo estimait qu’un axe de la "RENAULuTion" du constructeur au Losange résidait en effet dans la conquête de ce segment, jugé plus porteur. "Il faut trouver le moyen de monter d'un cran sur le segment C, qui est le centre de gravité de notre secteur", expliquait-il alors. "Je n'ai pas peur d'envisager une hausse de 25-30 % du prix de transaction moyen pour ce segment, d’ici à 2025". Or, la Mégane eVision est présentée comme un véhicule disposant d’un espace intérieur digne d’un modèle de segment C, malgré une taille relativement compacte – 4,21 mètres de longueur.
Renault Une habitabilité accrue liée aux caractéristiques intrinsèques des véhicules électriques. Les voitures à batteries disposent d’un plancher plat et un bloc-moteur relativement peu encombrant, qui ouvrent de nouvelles possibilités en matière d’aménagement de l’espace intérieur. Dans le cas de la Mégane eVision, les batteries sont disposées au niveau du plancher. En parallèle, la compacité du nouveau moteur électrique utilisé par Renault a permis d’installer le bloc de climatisation à l’avant tout en offrant une "planche de bord plus fine et plus reculée", indique le groupe dans un communiqué.
Production à Douai
La version de série dérivée de ce concept devrait être présentée en 2021 et assemblée dans l’usine nordiste de Douai (Nord). C’est en effet le site en France qui doit accueillir la nouvelle plate-forme CMF-EV, développé conjointement par Renault et Nissan. Une bonne nouvelle pour l’usine, dont la production a plutôt eu tendance à baisser ces dernières années. Son moteur devrait pour sa part être produit à Cléon (Seine-Maritime). De quoi permettre aussi au groupe de poursuivre son offensive dans le véhicule électrique, tout en améliorant ses résultats. Au premier semestre, Renault a affiché une perte nette record de 7,3 milliards d’euros.
Renault Dans un tel contexte, le constructeur veut réaliser plus de deux milliards d’euros d’économies dans les trois ans à venir. En France, 4 600 postes doivent être supprimés. Une réorganisation de l’appareil industriel est également en cours. Avec Maubeuge (Nord), Douai devrait faire partie du "pôle d’excellence optimisé des véhicules électriques et utilitaires légers" que le groupe souhaite organiser depuis 2018 dans le Nord de l’Hexagone. A l’inverse, le site de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne) devrait fermer et ses activités transférées à Flins (Yvelines), qui produit actuellement un autre modèle électrique, la Zoé.



