Tous les indicateurs sont au vert pour Arquus, l’un des principaux fabricants de véhicules blindés militaires pour l’armée française. L’ex-Renault Trucks Defense a engrangé 1,2 milliard d’euros de commandes en 2019 et son chiffre d’affaires a bondi de 38 %. "Sur les deux dernières années, cela représente une croissance de notre activité de plus de 70 %", s’est félicité Emmanuel Levacher, PDG d’Arquus à l’occasion de la présentation des résultats de sa société ce 25 février 2020.
L’industriel, filiale du groupe Volvo, ne révèle pas son chiffre d’affaires mais il devrait avoisiner les 700 millions d’euros selon nos estimations pour un effectif de 1 300 salariés.
Des livraisons en Afrique, au Moyen-Orient, au Canada
Comment expliquer une telle performance ? Le groupe bénéficie du démarrage du programme Scorpion de modernisation de l’armée de Terre. L’armée a reçu ses 92 premiers véhicules blindés de transport de troupe multi-rôles, les Griffons. Arquus fournit la partie mobilité de ces véhicules (moteurs, boîtes de vitesse, suspension…) ainsi que les tourelleaux de petit calibre, soit environ 40 % de la valeur de chaque véhicule.
Par ailleurs, le groupe cherche aussi sa croissance à l’export. Il a livré des véhicules blindés aux pays africains du G5 Sahel, aux forces koweïtiennes mais également des camions militarisés au Canada… Au global, Arquus réalise 58 % de son activité en France et 42 % à l’export.
Et 2020 sera encore une année marquée par la croissance de l’activité. Les cadences du programme Scorpion pour l’armée française vont s’accélérer avec la livraison de 128 Griffon et de cinq Jaguar, des véhicules blindés de reconnaissance et de combat.
Quatre sites de production spécialisés en France
Pour faire face à cette croissance, le groupe va investir dans ses usines. "Nous prévoyons un plan d’investissement de 12 millions d’euros pour nos usines sur la période 2020-2021 afin de les rendre plus efficaces et d’améliorer la qualité de notre production", précise Emmanuel Levacher.
Arquus peut s’appuyer sur quatre sites de production spécialisés tous situés en France : Marolles-en-Hurepoix (Essonne) pour la fabrication de véhicules et de tourelleaux, Limoges (Haute-Vienne) pour la préparation des références liées à la production des véhicules, Garchizy (Nièvre) pour la réparation des véhicules et la logistique et Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour les opérations de soudure, de mécanique et de support à la production. En 2019, ces sites ont produit l’équivalent de 2 200 véhicules, soit 562 000 heures de travail (+26 %). En 2020, ils seront modernisés.
La robotisation des lignes de soudure
Sur le site de Garchizy, Arquus va investir dans la robotisation d’activités de soudure de tôles pour l’assemblage des caisses blindées. À Limoges, un centre logistique attenant à l’usine sera créé pour améliorer la productivité des lignes d’assemblage. À Saint-Nazaire, des travaux d’infrastructure du bâtiment principal seront réalisés pour permettre de permettre des opérations industrielles lourdes. Le groupe travaille par ailleurs avec 1 250 fournisseurs essentiellement français.
"Ces dernières années, nous avons 'francisé' un peu plus notre réseau de fournisseurs pour des raisons de souveraineté et pour s’affranchir également de certaines lois extra-territoriales qui pourraient nous freiner dans nos activités d’exportations notamment vis-à-vis de l’Allemagne", a précisé le dirigeant. Sur 2020, Arquus prévoit d’embaucher 150 personnes et vise une croissance de 10 % de son activité.



