En Dordogne, la conserverie des Bories met la clef sous la porte

La conserverie des Bories, à Piégut-Pluviers (Dordogne), va fermer dans les prochaines semaines. Elle emploie 38 personnes, dans cette commune de 1200 habitants.

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Canards Perigord
La conserverie des Bories, basée dans le Périgord, proposait des bocaux à base de produits régionaux comme le canard (archives).

La conserverie des Bories, à Piégut-Pluviers (Dordogne), s’apprête à fermer ses portes. L’usine, qui emploie 38 salariés et existe depuis 40 ans, avait été rachetée en 2017 par Arterris, une coopérative agricole de grande envergure basée à Castelnaudary (Aude). «Sur les 20 dernières années, la demande a baissé de 40% sur les plats appertisés français de qualité plutôt supérieure, la spécialité de ce site», explique Sébastien Trébuchon, DRH adjoint d’Arterris. «Le contexte de la guerre en Ukraine n’a rien arrangé, et surtout la grippe aviaire de 2022 a provoqué une crise profonde, car beaucoup de plats étaient à base de canard.»

«C’est une entreprise qui est très bonne en production, beaucoup moins en commercialisation», estime lui Alain Marzat, le maire de Piégut-Pluviers, 1200 habitants. «Ce n’est peut-être pas la spécialité d’Arterris… C’était pourtant un très bel outil de production, modernisé par l’ancienne propriétaire comme par l’actuel. Elle avait même sa propre station d’épuration! Il y a eu 4 projets de reprise, mais aucun d’eux n’a abouti», regrette l’édile.

«Un reclassement, ce sera compliqué»

L’usine était la dernière de la petite commune, et l’une des ultimes industries du territoire, après la fermeture d’une pâtisserie il y a quelques années. La direction reçoit ces jours-ci les 38 salariés et tentera de leur proposer un reclassement. «Mais pour beaucoup, ce sera compliqué», déplore Alain Marzat. «Peu d’entreprises embauchent dans le secteur, et encore moins des ouvriers», ajoute-t-il. Sollicitée, la représentante du personnel a refusé de répondre aux questions de L’Usine Nouvelle.

«Si tout un chacun connaissait les difficultés auxquelles était confrontée l’entreprise dues, en particulier, au changement des habitudes de consommation marquées par le délaissement de la conserve, la modernité de l’outil de travail et le savoir-faire des employés demeuraient des atouts sérieux pour garantir la continuité de la production. L’argument économique n’aura donc pas permis la poursuite d’une activité emblématique de notre territoire» a regretté, dans un communiqué, le président du Conseil départemental de la Dordogne, Germinal Peiro.

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