Verallia, leader européen et troisième producteur mondial de l'emballage en verre pour les boissons et les produits alimentaires, a procédé le 30 novembre 2022 à la cérémonie de l’allumette pour relancer l’un de ses trois fours sur son site de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire). A l’arrêt depuis le 24 octobre pour des opérations de maintenance, il va désormais produire chaque jour plus de 400 tonnes de verre en teinte feuille morte. «Nos deux autres fours produisent du verre blanc tandis que ce four réalise la teinte nécessaire pour les bouteilles de vin de Bourgogne. Il est donc ancré dans le territoire viticole local», explique Fabien Marion, directeur industriel de Verallia.
Le four fonctionne majoritairement au gaz, à hauteur de 85%, le reste reposant sur l’électricité. Malgré l'explosion des prix de l’énergie, le groupe a décidé de relancer cet équipement pour répondre aux contraintes d'un marché tendu. «Nos clients manquent de verre. Nous avions dû ralentir l’activité pendant le Covid-19 et nous disposons donc d’un faible niveau de stock dans un marché soutenu. Certains clients attendaient que nous redémarrions ce four pour avoir leurs bouteilles» précise le dirigeant.
Achat par anticipation
L’autre élément avancé par Verallia concerne sa stratégie énergétique échelonnée dans le temps. «Nous avons un système de couverture énergétique pour acheter par anticipation. Nous avons acquis il y a trois ans 25% de nos besoins actuels. Nous avons ensuite étendu à 50% il y a deux ans puis à 85% l’an dernier», détaille Fabien Marion. Ainsi, en 2022, l’entreprise ne paye que 15% de son énergie au prix fort sur le marché spot.
Une stratégie tantôt gagnante, quand les prix flambent, tantôt perdante, quand ils sont à la baisse, mais qui présente un intérêt pour l’industriel. «Nous sommes moins soumis aux aléas du marché et nous pouvons donner de la visibilité à nos clients en matière de tarif.» Malgré les cours actuels, Verallia reste fidèle à sa stratégie, négociant actuellement les contrats pour les prochaines années tandis que le four réactivé devrait fonctionner sans discontinuer pendant les six ou sept prochaines années.
Changement d’énergie
«La durée de vie d’un four est comprise entre 12 et 15ans tandis qu’il fonctionne 365jours par an et ne s'arrête qu'en cas de réparation», insiste Fabien Marion pour souligner la rareté de la cérémonie de l’allumette. «Le four va mettre quelques jours à atteindre les 1 600 degrés pour repartir en production le 12 décembre 2022», complète-t-il. Désireuse de réduire ses émissions de CO2 et son impact environnemental, l’entreprise commence par ailleurs à changer de technologies pour ses fours, en passant notamment à l’électricité et au verre recyclé. «Le four que nous avons relancé utilise à 80% du verre recyclé, le reste étant contraint par la teinte à obtenir», conclut Fabien Marion. Chaque année, un milliard de bouteilles sortent du site de Chalon-sur-Saône, où travaillent 500 salariés.



