Vers une campagne de dépistage massif du Covid-19 ? "L'option est fortement envisagée, confie-t-on au ministère de la Santé. On observe de près ce qui se passe dans les pays européens qui l'ont mis en place, comme le Royaume-Uni ou la Slovaquie". Mais pour mettre en place un tel dispositif, l'Etat doit être capable de s'appuyer sur des tests plus rapides que la technologie RT-PCR (résultats connus en 48 heures en moyenne) et les déployer en très grande quantité.
Un premier indice émanant de la Haute autorité de santé (HAS) vient peut-être valider cette option.
Samedi 28 novembre, l'organisme a rendu de nouvelles conclusions concernant les tests antigéniques et les tests salivaires, dits RT-LAMP "intégrés", élargissant le périmètre des premiers et autorisant le recours aux seconds pour les personnes symptomatiques, lorsque le test RT-PCR n'est pas réalisable. Décryptage.
Les tests antigéniques autorisés pour les personnes contacts
Les tests rapides, déployés à grande échelle depuis un mois par le gouvernement dans les hôpitaux, les pharmacies et les aéroports, étaient autorisés jusque-là pour détecter la présence du virus chez les personnes symptomatiques. La HAS recommande désormais leur emploi pour les personnes cas contacts "détectées isolément ou au sein de clusters". Les conditions de prise en charge sont les mêmes que pour les tests RT-PCR : "le plus tôt possible puis à sept jours" pour les personnes vivant dans le même foyer qu'une personne malade et "à sept jours après l'exposition" dans les autres cas.
La HAS ne propose pas en revanche d'étendre le diagnostic aux personnes asymptomatiques isolées, "faute de données".
Recours aux tests salivaires dans un cadre bien précis
La HAS a défini des consignes d'utilisation concernant le diagnostic via des tests salivaires. Tout d'abord, ils seront réservés dans les cas où le prélèvement naso-pharyngés est impossible. Ensuite, la HAS évoque une technologie bien précise, baptisée Easycov. Il s'agit de tests salivaires "intégrés", c'est-à-dire sous forme de kits, qui permettent de contrôler l'intégralité du processus de détection, de l'échantillonnage à son analyse par ultra-violets une 40 minutes plus tard.
Ces tests ont été mis au point le 17 juin dernier, via un partenariat public-privé impliquant de nombreux acteurs français, comme le laboratoire montpelliérain Sys2Diag (unité mixte de recherches du CNRS) et l'industriel SkillCell. L'Usine Nouvelle avait décrit la naissance de ce pari médical et industriel en juin dernier.
Deuxième condition avancée par l'autorité de santé, le recours à EasyCov doit être réservé aux personnes symptomatiques. La HAS s'appuie sur les bons résultats du test (84%) dans ce cas, mais déconseille son utilisation pour le reste de la population, car la spécificité (pourcentage de résultats négatifs parmi les cas identifiés comme tels par PCR) est en dessous du seuil minimal accepté (moins de 1%). Enfin, en cas de résultat positif, l'organisme "impose de réaliser un contrôle par un test RT-PCR sur prélèvement salivaire", pour lesquels la HAS avait donné son feu vert en septembre dernier.



