[Covid-19] La Haute autorité de santé favorable aux tests salivaires pour les personnes symptomatiques

La Haute Autorité de Santé a rendu un avis favorable à l’utilisation de tests salivaires pour le dépistage du Covid-19, mais pour un usage limité exclusivement aux personnes présentant des symptômes. Actuellement, le taux d’échec sur des personnes sans symptôme serait de 75% avec les tests salivaires, donc à exclure.

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test PCR
Les tests salivaires sont recommandés uniquement pour les personnes présentant des symptômes.

Pour l’heure, il s’agit d’un avis favorable mais limité. La Haute Autorité de Santé (HAS) a recommandé ce 18 septembre, l’utilisation de tests salivaires pour le dépistage du Covid-19, mais uniquement chez les personnes présentant des symptômes. Et leur utilisation est recommandée prioritairement sur les publics symptomatiques présentant le plus de difficultés dans l’acceptation des prélèvements naso-pharyngés, avec un écouvillon prélevant des échantillons au fond du nez.

Taux d'erreur de 75% chez les asymptomatiques

"Bien que le prélèvement salivaire soit un peu moins efficace que dans le nez, les performances sont suffisantes pour être acceptables mais seulement chez les personnes présentant des symptômes du Covid-19", a affirmé Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la HAS. Ajoutant que "les performances ne sont pas suffisantes pour les utiliser en dépistage chez les personnes ne présentant pas de symptômes, donc chez les asymptomatiques, car nous raterions 3 personnes positives sur 4. Chez les personnes sans symptômes, le taux d’erreur est au-delà de 75% donc l’utilisation n’est pas raisonnable en dépistage, nous ne la recommandons pas".

Crachat dans un tube

Ces tests salivaires permettent de récolter des prélèvements directement par crachat dans un tube. Le prélèvement est ensuite analysé avec des tests virologiques de type PCR, donc en laboratoire, de la même manière que sont analysés les tests par prélèvement naso-pharyngé.

Techniquement, les patients avec symptômes pourraient donc utiliser ces tests salivaires en pharmacie, en laboratoire et en médecine générale. Dans tous les cas, ils devront récupérer un tube et cracher dedans puis ramener ce prélèvement à un laboratoire pour analyse PCR. Selon Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels de la HAS, le délai maximum conseillé pour rapporter le prélèvement après crachat serait de "48 heures, même si le mieux serait le plus rapidement possible".

Ce mode de dépistage, réservé donc aux personnes symptomatiques, est surtout conseillé par la HAS pour les populations éprouvant des difficultés avec les prélèvements naso-pharyngés. Ce qui concerne notamment les enfants, certaines personnes âgées et également les personnes présentant des troubles psychiques.

Autorisation dans quelques jours

L’avis de la HAS, qui ouvre la voie à un remboursement de ce type de tests, sera examiné par la Caisse nationale d’assurance-maladie, qui se prononcera sur le remboursement, avant un feu vert du ministère de la Santé. Selon Cédric Carbonneil, l’autorisation "devrait être très rapide, de l’ordre de quelques jours".

L’avis a été rendu sur des données partielles et peut ainsi être sujet à modification. Il se base sur une étude entamée le 7 août en Guyane, sur 700 patients, permettant de comparer les prélèvements naso-pharyngés et par crachat salivaire. "Ces résultats sont intermédiaires, obtenus à partir de la moitié des patients prévus dans cette étude, mais sont suffisamment solides pour se prononcer", précise Dominique Le Guludec.

Avis sur les tests antigéniques dans quelques jours

La HAS se prononcera d’ici quelques jours sur l’utilisation des tests antigéniques, des tests requérant des prélèvements naso-pharyngés mais qui permettraient une analyse plus rapide, par l’opérateur pratiquant le prélèvement, avec des résultats disponibles en une trentaine de minutes. Ces diversifications de tests virologiques, pour dépister les malades, se déploient au moment où la France, qui a dépassé le million de tests par semaine, rencontre des difficultés pour mener à bien toutes les demandes de tests. Avec l’espoir d’augmenter et de fluidifier le dépistage.

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