En France, le taux d’emploi des 55-64 ans augmente régulièrement depuis le début des années 2000, passant de 36,4 % en 2003 à 52,7 % au troisième trimestre 2019. Mais il reste inférieur au taux moyen de l’Union européenne (58,7 % en 2018). Est-ce la faute des employeurs, qui ne voudraient pas des travailleurs âgés, ou de l’âge légal de départ à la retraite, fixé à 62 ans ?
La réforme de 2010, qui a progressivement relevé l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans, a eu un fort impact sur le taux d’emploi des 60-64 ans, en hausse de 15 points entre 2010 et 2020. La preuve, pour les partisans d’un relèvement de l’âge de départ, qu’une réforme encourageant les Français à travailler plus longtemps entraînera forcément une hausse du taux d’emploi des 60-64 ans. Mais les statistiques montrent aussi que le taux de chômage des plus de 55 ans augmente régulièrement depuis dix ans. Et reflue moins vite que celui de l’ensemble des actifs, les seniors ayant du mal à retrouver un emploi.
Le rapport Bellon sur "l’emploi des travailleurs expérimentés", remis au gouvernement le 14 janvier, montre que les taux de licenciements et ruptures conventionnelles (par rapport aux effectifs en emploi) connaissent un très fort pic à 60 et 61 ans, âge auquel les salariés licenciés peuvent bénéficier de trois ans d’indemnisation chômage. "L’Assurance chômage est devenue un 43e régime de retraite", s’alarme un représentant patronal. Pour l’éteindre, il faudra sans doute d’autres mesures que la fin des régimes spéciaux.




