Elisabeth Borne fustige “le développement anarchique” des éoliennes en France

Le gouvernement français prononce à nouveau des mots durs pour la filière éolienne. Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, a dénoncé le 18 février "le développement anarchique" des parcs éoliens sur le territoire français.

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Elisabeth Borne s’exprimait au Sénat devant la commission des affaires économiques lorsqu’elle a défendu “un développement harmonieux de l’éolien”. (Photo d'archive)

Le gouvernement sait-il sur quel pied danser avec les éoliennes ? Mardi 18 février, la ministre de la Transition écologique et solidaire n’a pas pesé ses mots en dénonçant “le développement anarchique” des parcs, selon des propos rapportés par Le Monde. Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) présenté par le gouvernement réserve pourtant une large place à cette filière. 

“Saturation visuelle” et “situation d’encerclement”

Elisabeth Borne s’exprimait au Sénat devant la commission des affaires économiques lorsqu’elle a défendu “un développement harmonieux de l’éolien”. “Il y a des emplacements de parcs éoliens en covisibilité avec des monuments historiques, a argumenté la ministre. Je ne comprends même pas comment nous avons pu arriver à ces situations.”

“Nous avons des territoires dans lesquels nous avons une dispersion de petits parcs de taille et de forme variable qui donnent une saturation visuelle, voire une situation d’encerclement autour de certains bourgs qui est absolument insupportable”, a poursuivi la ministre. Le président français tenait des propos similaires en janvier en indiquant qu’il ne croyait pas à un développement massif de l’éolien terrestre.

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Deux régions concentrent les parcs éoliens

Il est vrai que deux régions françaises dominent largement les autres territoires sur l’éolien : les Hauts-de-France et le Grand Est. Au 31 décembre 2019, ces régions comptaient une puissance installée de 8 149 MW, soit 49,4 % du parc national. La tendance ne risque pas de s’inverser en considérant les projets en développement.

Dans d’autres régions, comme la Nouvelle-Aquitaine, le développement des parcs éoliens est ralenti par l’opposition des citoyens et des élus qui dénoncent une dégradation du paysage ou des nuisances sonores. Début février, lors de son bilan de l'année 2019, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a confirmé qu’il avait du travail pour améliorer l’acceptabilité des éoliennes. Des groupes de travail au sein de la filière doivent formuler des propositions sur le sujet dès le printemps 2020.

Une PPE en faveur de l’éolien terrestre

Ces critiques contre les éoliennes n’ont donc rien de nouveau. Qu’elles émanent des plus hauts rangs de l’État risque toutefois de faire grincer des dents dans le secteur des énergies renouvelables, d’autant plus dans le contexte de la lutte contre le réchauffement climatique. L’organisation européenne qui représente la filière éolienne, WindEurope, estime quant à elle que les pays européens doivent accélérer leurs projets s’ils comptent atteindre la neutralité carbone en 2050.

Le gouvernement cherche-t-il à ralentir l’installation des éoliennes terrestres ? Ou exploite-t-il le syndrome Nimby ("not in my backyard") à l'approche des élections municipales ? Le projet de PPE révélé en novembre 2019 suggère la deuxième option puisqu’il prévoit de tripler l’éolien terrestre en huit ans.

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