Le sujet sème régulièrement la discorde entre les consommateurs et EDF. Depuis la fin des années 2000, les usagers constatent régulièrement des hausses sur les tarifs réglementés de vente (TRV) de l’électricité. Le fameux tarif bleu chez EDF, qui a encore été revu à la hausse en février. Mardi 30 mars, l’entreprise s’est voulue rassurante sur l’évolution des prix dans les prochaines années.
Une augmentation de presque 50 % depuis 2010
Malgré l’ouverture à la concurrence du marché de l’électricité, un bon nombre de Français continue de souscrire aux TRV. En octobre 2020, 70% des sites résidentiels souscrivaient au tarif bleu, selon EDF. Pour les sites non résidentiels, cette proportion s’élève à 54%. Des données qui flattent l’entreprise. « Après plusieurs années d’érosion de notre portefeuille clients, nous observons depuis 2019 - avant même la crise sanitaire - une inversion de tendance », se félicite Fabrice Gourdellier, directeur du marché des clients particuliers chez EDF.
En 2020, le tarif bleu d’EDF s’établissait à 191 euros par mégawattheure (MWh), soit 49,2 % de plus qu’en 2010. Une explosion que le groupe français s’attache à relativiser. Le prix moyen dans le reste de la zone euro (hors France) atteint effectivement 238 euros par MWh en 2020. L’entreprise rappelle aussi qu’avant d’augmenter fortement, les TRV français avaient diminué entre 1996 et 2008 (voir graphique ci-dessous).

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EDF Pourquoi le tarif de l’électricité a tant augmenté
« Il y a des investissements dans le réseau de transport et de distribution, notamment pour accueillir tous les équipements de production distribuée (solaire ou éolien) », argumente Marc Benayoun, directeur exécutif groupe en charge du pôle clients-services. Autres facteurs qui ont contribué à cette hausse : l’augmentation des taxes et des coûts de fourniture, c’est-à-dire les coûts de production de l’électricité, qui englobent par exemple la maintenance des centrales nucléaires et les prix des matières premières.
EDF met également en lumière une raison plus technique : l’Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique), un dispositif créé en 2011 pour favoriser la concurrence en permettant aux autres fournisseurs d’acheter de l’électricité nucléaire à petit prix. La réforme de ce mécanisme fait l’objet de négociations ardues entre la France et l’Union européenne.
« La construction tarifaire reflète les conditions d’accès à l’électricité des fournisseurs alternatifs. Il n’y a pas aujourd’hui une distribution d’Arenh suffisante pour couvrir la totalité des demandes. Il y a donc, pour les fournisseurs alternatifs, un peu moins d’Arenh dans leurs coûts de revient. Les tarifs d’EDF le reflètent également. Sinon, il y aurait une distorsion de concurrence », explique Marc Benayoun. On parle aussi « d’écrêtement » dans cette situation.
EDF « Le tarif de 191 euros par MWh ne va pas rester à 191 »
Malgré les travaux sur l’Arenh, EDF garde une visibilité sur l’évolution des TRV. « Nous n’anticipons pas de hausse forte dans les années à venir », estime Marc Benayoun. Selon lui, les taxes ne devraient pas connaître d’évolution « phénoménale ». « Le tarif de 191 euros par MWh ne va pas rester à 191 euros, mais je pense que l’évolution sera plus contenue en termes de temps par rapport à ce que nous avons connu depuis deux ou trois ans. Nous pouvons même imaginer qu’à certains épisodes, il y ait des baisses », ajoute le directeur.
Cette évolution va dépendre de plusieurs facteurs plus incertains. « Le transport et la distribution continueront à évoluer un petit peu à la hausse, puisqu’il y a évidemment des investissements dans le réseau », souligne Marc Benayoun. « En ce qui concerne la fourniture, cela dépend des prix sur les marchés de gros et de capacité, ajoute-t-il. Personne ne sait comment évoluera le prix de marché, puisqu’il dépend de l’offre et de la demande, du coût des combustibles fossiles, du niveau de CO2 et de tout un tas de facteurs. »



