EDF doit construire une piscine pour combustibles nucléaires usés à la Hague d'ici à 2030

Des études préliminaires ayant conclu que le site de Belleville-sur-Loire (Cher) n’était pas adapté pour la construction d'une piscine centralisée pour entreposer ses combustibles usés, EDF a demandé à Orano de réaliser une étude de faisabilité pour l'implanter sur son site de la Hague (Manche), dont les piscines seront saturées en 2030.

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Piscine de stockage
Les piscines d'entreposage de combustibles usés d'Orano à la Hague (Manche) sont déjà saturées à 92%.

Les remontrances de l’Autorité de sûreté du nucléaire semblent avoir porté leur fruit. En mai dernier, l’ASN épinglait l’opérateur national sur son retard dans le dépôt du dossier pour la construction d’une piscine centralisée pour les combustibles usés en attente de recyclage ou les combustibles Mox usés, non recyclés aujourd’hui.

Le dernier plan de gestion des matières et déchets radioactifs donne en effet à l’opérateur jusqu’à fin 2020. Pas sûr qu’il soit dans les temps. Il vient en effet de changer d’avis sur le site d’implantation.

Deux bassins d'une capacité de 10 000 TML

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Ce ne serait finalement pas sur le site de sa centrale nucléaire de Belleville-sur Loire (Cher). Selon EDF, les études préliminaires ont conclu que le site de Belleville-sur-Loire n’était pas adapté. L’opérateur a donc demandé à Orano de réaliser une étude de faisabilité pour l'implantation d'une nouvelle piscine avec deux bassins d’une capacité totale de 10 000 tonnes de métal lourd (tML) sur son site de la Hague (Manche). Un site où justement les piscines du même type, d’une capacité effective de 12 350 tML, sont pleines à 92% et seront saturées d’ici à 2030.

Voire même avant. Selon Enerpresse, l’usine Melox de Marcoule (Gard) d’Orano, qui produit le combustible Mox à partir du plutonium obtenu par recyclage des combustibles usés et avec lequel EDF alimente une partie de ses réacteurs, rencontre depuis plusieurs années des problèmes de production. Ce qui pourrait encore accélérer le remplissage des piscines de la Hague.

Saturation de la Hague, problème à Melox et PPE

La fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) et de 12 à 14 réacteurs d’ici à 2035 comme prévu dans la programmation pluriannuelle de l’énergie, rendrait aussi la construction de cette piscine plus urgente, explique un porte-parole d’EDF. Tous ces paramètres cumulés rendent le projet urgent et tout nouveau report risqué.

Pour mémoire, chaque réacteur contient 200 assemblages de combustible, qui sont remplacés par tiers tous les 12 à 18 mois. Une fois extraits, les combustibles usés sont entreposés durant environ trois ans dans une piscine présente dans chaque centrale, avant d’être acheminés chez Orano à la Hague. Là, s’il s’agit d’uranium, il est recyclé, c’est-à-dire qu’on y extrait environ 1% de plutonium, qui est ensuite reconditionné dans l’usine Melox pour produire un nouveau combustible, le Mox. S’il s’agit de Mox usé, il est entreposé en attendant une décision. Soit de développer une nouvelle filière de recyclage, soit le développement de réacteurs de 4ème génération, soit que l’on décide de les reclasser en déchets. Ils pourraient alors être stockés sous terre à Cigéo, dans la Marne. 

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