Ebranlé par les pénuries de puces, Renault prévoit une perte de production de 500 000 voitures en 2021

La crise des semi-conducteurs freine Renault bien plus que prévu. L’entreprise estime désormais ses pertes de production à près de 500 000 véhicules en 2021.

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Clio E-Tech Hybride
Au troisième trimestre, la gamme E-Tech a représenté presque un tiers des ventes du groupe Renault.

Un sacré coup dur pour Renault. Vendredi 22 octobre, le constructeur automobile français a dévoilé ses résultats financiers pour le troisième trimestre. L'occasion pour le groupe de réévaluer à la hausse l'impact de la pénurie de semi-conducteurs sur son activité. Selon l'entreprise au Losange, les difficultés d'approvisionnement en puces devraient amputer sa production de près de 500 000 véhicules en 2021. Un niveau bien supérieur aux estimations publiées fin juillet, qui chiffraient alors l'impact à 200 000 unités. 

Depuis des sources proches du groupe relayaient une nouvelle prévision allant de 300 000 à 400 000 véhicules. Les chiffres officiels se situent finalement bien au-delà. Selon des estimations d'Inovev, ces 500 000 véhicules en moins pourraient correspondre à une amputation de quasiment 17% des volumes en 2021. « Cependant, il est difficile de confirmer si la perte des 500 000 unités est seulement imputable au manque de semi-conducteurs », commente le cabinet dans une note transmise à L'Usine Nouvelle.

Inovev estime que la production du groupe Renault pourrait atteindre 2,9 millions de véhicules particuliers et utilitaires légers en 2021. Cela signifierait une augmentation d'environ 10% par rapport aux volumes de 2020. Renault avait alors fabriqué 2,7 millions de véhicules à travers le monde. Un niveau en chute de 26,1% par rapport à 2019. « Sans ces 500 000 unités perdues, Renault serait quasiment revenu au niveau de 2019 », relève Inovev.

Ventes en berne

Comme beaucoup de constructeurs, Renault a géré ses stocks de composants électroniques en privilégiant les véhicules à forte marge. Le nouveau directeur général du groupe, Luca de Meo, a impulsé cette stratégie de rentabilité dans l’espoir de faire rebondir le constructeur, après une année 2020 marquée une perte historique de 8 milliards d’euros.

Les efforts de la nouvelle direction n’ont pas suffi à redresser les ventes au troisième trimestre. Le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 9 milliards d’euros, en repli de 13,4% sur un an. Dans son communiqué, l’entreprise nuance et décrit une baisse « limitée », grâce à « l’impact positif de la politique commerciale du groupe orientée vers une meilleure valorisation des ventes ». Côté ventes justement, Renault rapporte une diminution de 22,3% au troisième trimestre, avec 599 027 véhicules écoulés. 

Renault vise la rentabilité en 2021

Renault est loin d’être le seul constructeur touché par les pénuries de composants. De mois en mois, les cabinets de conseil ont aggravé leurs prévisions sur l’impact de la crise des semi-conducteurs. En octobre, IHS Markit estimait que la production automobile mondiale s’élèverait à 74,8 millions de véhicules en 2021. Un nombre à peine plus élevé qu’en 2020 (+0,3%).

Si Renault décrit « une visibilité réduite pour le quatrième trimestre », le groupe espère atteindre un taux de marge opérationnelle d’environ 2,8% en 2021, contre -0,8 % en 2020. L’entreprise espère aussi rentrer dans les clous des objectifs de CO2 fixés par l'Union européenne, et qui provoquent depuis plus d'un an une forte accélération des ventes de véhicules électrifiés en Europe.

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