Le gigantesque projet du chimiste américain pourrait donc bien débarquer en Normandie. Eastman a annoncé le 30 mars 2022 être entré en négociations exclusives avec la commune de Port-Jérôme-sur-Seine, en Seine-Maritime, pour y construire la plus grande usine au monde de recyclage moléculaire de plastiques. L’ampleur du projet reste inchangée : Eastman pourrait investir plus de 850 millions d’euros, les capacités atteindraient 160 000 tonnes par an de déchets polyester recyclés, 350 emplois directs seraient créés, et la mise en service est maintenue à 2025.
Un écosystème local axé sur une stratégie environnementale
Port-Jérôme est déjà un lieu important pour la chimie et la pétrochimie en France, imbriqué dans un couloir entre le Port du Havre et Rouen, avec de très grandes implantations, comme deux plateformes de raffinage et de pétrochimie de TotalEnergies et d’Esso (ExxonMobil), l’usine d’élastomères d’Arlanxeo, ou encore des sites d’engrais de Yara et Borealis. C’est aussi à Port-Jérôme qu’Air Liquide dispose de sa plus grande usine française d’hydrogène, avec l’objectif de construire à quelques kilomètres une gigantesque usine d’hydrogène vert, et l’ambition de créer avec ses partenaires locaux un vaste couloir décarboné entre Paris et Le Havre. Mark Costa, le PDG d’Eastman, évoque d’ailleurs dans un communiqué la « stratégie environnementale de long terme très ambitieuse » de la région Normandie.
Ressources locales en déchets polyesters

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Port-Jérôme afficherait aussi l’avantage d’une « proximité d’approvisionnement en déchets de polyester pour la matière première », souligne aussi Eastman dans son communiqué. Des appels d’offres pour approvisionner le site seraient déjà en cours, selon un porte-parole du groupe américain. La future usine Eastman sera alimentée en déchets polyesters issus d’emballages ménagers et de déchets textiles, généralement incinérés aujourd’hui, qui seraient triés, dépolymérisés et repolymérisés sur place en polyéthylène téréphtalate pour l’emballage, avec des grades pour l’alimentaire et la cosmétique. Le projet d’Eastman bénéficie d’ailleurs d’engagements pluriannuels avec des acteurs comme LVMH, L’Oréal, Procter & Gamble, Danone, Clarins et Estée Lauder pour utiliser ces futurs volumes recyclés.
350 emplois directs, 1500 indirects
Mark Costa souligne également, toujours dans le communiqué, que ces « opérations de recyclage moléculaire devront s’appuyer sur une main d’œuvre hautement qualifiée, et Port-Jérôme-sur-Seine dispose de cette main d’œuvre ». Outre les 350 postes que prévoit de créer le groupe pour son usine, le projet pourrait générer « 1500 emplois indirects supplémentaires dans les secteurs du recyclage, de l’énergie et des infrastructures », selon le communiqué. Reste désormais à confirmer tous ces éléments dans les prochains mois.



