Chronique

[Drinks stories] A Lannion, les premiers fûts bretons de la tonnellerie Lefloch

Créée sous l’impulsion du fils de l’ancien fournisseur en tonneaux de la distillerie Warenghem et du dirigeant de cette dernière, la tonnellerie Lefloch, basée à Lannion (Côtes-d’Armor), a lancé sa production à la fin du printemps.

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Tonnellerie Lefloch - Lannion
La tonnellerie a emménagé dans l'ancien abattoir de Lannion.

A Lannion (Côtes-d’Armor), une nouvelle tonnellerie est en activité depuis le mois de mai dernier. Son nom ? La tonnellerie Lefloch. «En Bretagne, il y a une dizaine de distilleries sur le whisky, et une vingtaine de distilleries sur les eaux-de-vie de pommes, le rhum, et le vin qui tend à s’étendre dans la région», observe David Roussier, le directeur général de la distillerie Warenghem. Un marché local existe. 

L’entreprise, également basée à Lannion, est intimement liée à la création de la nouvelle tonnellerie. Créee en 1900, elle est devenue dans les années 1980 la première distillerie à produire du whisky en France. Aujourd’hui, 80% du chiffre d’affaires de la PME de 25 personnes (5 millions d’euros en 2022) est représenté par le whisky, principalement sous la marque Armorik, le premier single malt français, lancé en 1998.

Une production qui nécessite un passage en barriques. Depuis une vingtaine d’années, Warenghem travaillait avec Jean-Baptiste Lefloch, qui dirigeait une entreprise de travaux forestiers à Douarnenez (Finistère), et fabriquait des tonneaux en parallèle. «Le partenariat était assez irrégulier, mais permettait de bénéficier de fûts en chêne issues de forêts locales, relate David Roussier. Depuis quatre ans, ce tonnelier éprouve des difficultés de santé.»

Deux ans de travail

Après avoir envisagé de racheter le matériel, David Roussier a fait la rencontre du fils de Jean-Baptiste Lefloch, Benjamin Lefloch, tonnelier de formation, en poste depuis une dizaine d’années dans plusieurs entreprises du secteur, dont la Tonnellerie François Frères à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). Les deux hommes s'associent au printemps 2023 «avec l’ambition de créer une tonnellerie à l’échelle de la Bretagne», raconte le distilleur.

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Deux ans de travail ont été nécessaires pour faire mûrir le projet. L’entreprise est séparée de la distillerie, qui constitue son premier client. Warenghem avait préalablement acheté l’ancien abattoir de Lannion, à 1 kilomètre de ses locaux. La tonnellerie y est installée sur 300 mètres carrés, aux côtés d’activités à définir – une micro-distillerie et un pub spécialisé dans le whisky sont envisagés.

Une filière à créer

Les approvisionnements de l'entreprise s'élargissent. La tonnellerie Lefloch travaille avec un mérandier basé en Normandie. «La filière bretonne n’est pas assez développée, regrette David Roussier. L’Office national des forêts est informé de notre projet. Il faut constituer un écosystème autour de la tonnellerie, à l’achat de bois mais aussi de clients, l’enjeu principal de notre entreprise.» L’entreprise souhaite s’approvisionner dans l’Ouest de la France, puis se tourner davantage vers des chênes bretons. Le recours à d’autres essences est, aussi, envisagé.

Même si la distillerie et la tonnellerie sont indépendantes, Erwan Lefebvre, le maître de chai de Warenghem, est amené à collaborer étroitement avec Benjamin Lefloch. «Chacun va monter en compétences sur le bois et les distillats. Benjamin va aussi faire son palais par rapport aux fûts proposés», illustre David Roussier. Sous la marque Armorik, Wareghem va par ailleurs mettre à l’honneur son maître de chai en septembre, à travers un nouveau whisky sur lequel il a eu carte blanche.

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