La troisième fois sera (peut-être) la bonne pour SpaceX. Le deuxième vol d'essai de Starship, son vaisseau spatial de nouvelle génération censé transporter des astronautes jusqu'à la Lune et au-delà, a échoué samedi 18 novembre. Sept mois auparavant, lors du premier vol d'essai, l'engin s'était désintégré moins de quatre minutes après son décollage. Cette fois-ci, le vaisseau sans équipage monté sur son méga-lanceur Super Heavy a décollé du pas de tir de SpaceX à Boca Chica, au Texas, grimpant à une altitude d'environ 90 kilomètres pour un vol de 90 minutes dans l'espace mais les ingénieurs au sol ont perdu le contact avec le deuxième étage de la fusée au bout de dix minutes, a déclaré l'entreprise spatiale d'Elon Musk.
«Nous avons perdu les données du deuxième étage [...]. Nous pensons avoir perdu le deuxième étage», a déclaré le commentateur des images en direct diffusées par SpaceX du lancement de la fusée, John Insprucker. Starship a réussi à se détacher de son lanceur Super Heavy, ce dernier explosant peu après au-dessus du golfe du Mexique, et le contact avec le vaisseau a été interrompu ensuite. L'objectif de la mission était d'approcher une mise sur orbite, avant la redescente dans l'atmosphère terrestre et l'amerrissage du vaisseau au large des côtes d'Hawaï.
Viser la Lune
En cas de succès, SpaceX aurait franchi une étape importante dans son ambition de développer un vaisseau spatial multi-fonctions de grande taille, capable d'envoyer des astronautes sur la Lune - pour le compte de la Nasa - au cours de cette décennie, le but ultime étant ensuite de voyager vers Mars. Elon Musk, fondateur et patron de SpaceX, espère que Starship remplacera à terme la fusée Falcon 9, pièce maîtresse de l'entreprise spatiale, qui envoie sur orbite une grande partie des satellites du monde entier.
L'enjeu est important aussi pour la Nasa, premier client de SpaceX, qui compte sur la société pour jouer un rôle central dans son programme d'exploration lunaire Artemis, successeur des missions Apollo il y a plus d'un demi-siècle. Avec son premier étage et ses 33 moteurs Raptor, Starship/Super Heavy produit deux fois plus de puissance que la fusée Saturn V qui avait envoyé des astronautes sur la Lune.
Avec Reuters (Joey Roulette à New York, Steve Gorman à Los Angeles, Joe Skipper à Boca Chica, Jean-Stéphane Brosse pour le service français)



