L'industrie alimentaire peine à sortir de la crise. Au cours des douze derniers mois, l'indice FAO des prix des produits alimentaires n'a cessé de progresser, jusqu'à atteindre un palier jamais franchi depuis 2011. En mai 2021, cet indice était supérieur de 40 % à celui correspondant au mois de mai de l'année précédente. Cette hausse historique trouve notamment sa source dans la flambée des prix des huiles végétales, du sucre et des céréales. L'épidémie de Covid-19 a provoqué de fortes difficultés d'approvisionnement et plusieurs aléas climatiques, notamment au Brésil, ont aggravé la situation.
Dans un communiqué publié mardi 8 juin, les entreprises représentées par l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA) tirent la sonnette d'alarme. « Dans un contexte de déflation persistante, les tensions sur le prix des matières premières affectent considérablement la santé financière des industries agroalimentaires, traduisant un double décrochage de compétitivité, en France et en comparaison internationale », déplore l'association.
Une hausse de deux euros
Afin d'assurer leur viabilité économique, les entreprises interrogées « remontent un besoin tarifaire de 9 % en moyenne toutes catégories confondues, ce qui traduit l'urgence de la situation ». Dans le détail, elles voudraient que les prix des plats préparés augmentent de 8 %, ceux des produits laitiers de 11 %, ceux du grain du 18 % et ceux des huiles et des graisses de 50 %.
« Aujourd'hui, la notion d'inflation alimentaire raisonnée et raisonnable ne doit plus être taboue, avance l'Ania. L'alignement de l'inflation alimentaire à un niveau comparable à l'inflation globale (1,4 % en mai) se traduirait par un coût d'environ deux euros par ménage et par mois, le poste alimentaire ne représentant plus que 10 % du budget global des ménages en 2021 ». L'inquiétude des industriels du secteur est d'autant plus vive qu'ils craignent un fort ralentissement de la cadence de production cet été, du fait de la fermeture d’outils de production pour maintenance.



