A moins d'une semaine de la réouverture des terrasses des bars et restaurants, les industriels de l'agroalimentaire qui fournissent les restaurateurs retrouvent le moral. "Il y a un regain d'optimisme après une année compliquée", confirme Stéphane Dahmani, économiste à l'Association Nationale des Industries de l'Agroalimentaire (ANIA). La restauration représente près de 20% des débouchés des industriels du secteur, "sa préservation est donc essentielle pour l'activité économique des industriels" observe-t-il.
Pour certaines entreprises, notamment les PME et les TPE, la restauration est parfois leur seul débouché. "C'est le cas des entreprises qui produisent des sauces ou des fonds de tartes par exemple", détaille Dominique Amirault, président de la FEEF (Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France). Résultat, alors que le secteur a globalement bien résisté à la pandémie, 90% des TPE et des PME affichent une baisse du chiffre d'affaires sur l'année écoulée.
19 mai rime avec prudence
Pour ces entreprises, la date du 19 mai sonne comme un espoir, mais rime aussi avec prudence. " Il y a certes de la lumière au bout du tunnel mais pour l'instant, la reprise est encore très timide", observe Dominique Amirault. En cause ? Le faible nombre de restaurateurs qui vont réouvrir à partir de ce jour-là. Seul 40% d'entre eux possèdent une terrasse et parmi ceux-là, tous n'ont pas encore décidé d'être fonctionnels le 19 mai.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
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Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
"Même si la filière est extrêmement dynamique, on sait qu'il faudra du temps avant de retrouver le niveau d'activité d'avant crise", ajoute Stéphane Dahmani. Résultat: peu nombreuses sont les entreprises qui ont déjà modifié leur plan de production. "Elles vont d'abord tenter d'écouler leurs stocks avant de monter en charge", parie Dominique Amirault, selon lequel il va falloir attendre le mois de juin pour observer les premiers vrais signes de reprise.
Le secteur des boissons optimiste
Un secteur se détache de l'attentisme ambiant: celui des boissons. "Nous sommes convaincus d’une reprise très forte", confirme Yann Guelorget, le directeur commercial du hors domicile chez Coca-Cola France. Le géant du soda s'attend à ce que la performance de l'an dernier se reproduise : en août 2020, l'entreprise avait enregistré son plus gros mois historique. Le 19 mai et le 9 juin "seront des moments inédits, uniques. On va ouvrir entre 160 000 et 200 000 points de vente d’un coup. Cela n’est jamais arrivé. C’est un moment historique", se réjouit Yann Guelorget.
Un enthousiasme que l'on retrouve également chez les plus petits acteurs comme Frogbeer. "Nous sommes dans les starting blocks depuis le début de l'année" explique l'un des responsables de la brasserie qui produit chaque année 12 000 hectolitres de bière. Au cours des dernières semaines, les 14 brasseurs de Frogbeer ont pu bénéficier d'une formation de remise à niveau. L'objectif ? "Valider les pratiques de brassage et permettre une mise à jour des process après plusieurs mois d'arrêt." Après avoir dû jeter 100 000 litres de bières depuis mars 2020, Frogbeer a limité l'augmentation de la production: "tout le matériel et les matières premières sont déjà prêts, mais la demande est difficile à prévoir, car la fréquentation sera une fonction du protocole sanitaire". Comme beaucoup d'autres, l'industriel se laisse jusque début juin pour réorganiser, si nécessaire, sa production.



