Avec un chiffre d'affaires de 13,3 milliards d'euros en 2019, en hausse de 5,5% par rapport à 2018, les 516 entreprises françaises du secteur de l'agroéquipement devraient avoir le sourire. Pourtant, à l'occasion de la présentation du bilan annuel du secteur ce 27 mai, c'est l'angoisse qui domine.
"La situation est catastrophique, les industriels sont très inquiets", confirme David Targy, responsable du pôle Economique d'Axema, l'association française des acteurs industriels de la filière des agroéquipements et de l'agroenvironnement. En cause ? La hausse du coût des matières premières. L'augmentation du prix de l'acier est particulièrement scrutée. "Ce métal a vu son prix doubler, il est passé de 850 euros la tonne en décembre à 1 250 euros aujourd'hui" déplore Jean-Christophe Regnier, président de la Commission Economique d'Axema.
Hausse des prix, retard de livraison, annulation de commandes
Conséquence, les industriels du secteur craignent que cela n'affecte leur production. Selon une enquête réalisée par Axema, 94% d'entre eux rencontrent d'ores et déjà des difficultés d'approvisionnement et 75% sont confrontés à une pénurie de certaines pièces. Ils sont 95% à estimer que cela se traduira par une hausse des prix, 86% par un allongement des délais de livraison voire par un arrêt temporaire de la production. Pire, certains estiment que la hausse du cours de l'acier pourrait entraîner une annulation de certaines commandes. "2020 était une année particulière à cause du Covid-19, 2021 s'annonce d'ores et déjà comme une autre année exceptionnelle" observe Davier Tardy. "Les carnets de commandes sont bons mais nos acteurs pourraient être limités dans leur production", ajoute le responsable.

- 1041.6+3.68
Février 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 455+7.18
Février 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 626.5+1.18
Février 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Un plan de relance perturbateur
Et le succès rencontré par le volet du plan de relance dédié aux agroéquipements nécessaires à la transition écologique ne fait qu'accentuer la pression sur les industriels. Les 215 millions d'euros alloués par le gouvernement dans ce cadre ont été plébiscités en à peine quelques jours. "Cet engouement est certes un soutien important, mais il est également très perturbateur pour la filière", note Alain Savary, directeur général d'Axema.
La filière craint que le volume des aides et la rapidité avec laquelle elles ont été plébiscitées ne nuisent à la fluidité du marché : "il faut du temps aux industriels pour produire et s'adapter aux nouvelles demandes. Compte tenu du contexte de tensions sur les matières premières, les premiers dossiers qui vont arriver vers mai-juin vont se confronter aux problèmes des délais de livraison", précise le responsable.
Axema estime d'ailleurs que les premières livraisons liées au plan de relance ne seront faites, au plus tôt, qu'en fin d'année 2021. Résultat, à peine 30% des industriels s'attendent à ce que leur chiffre d'affaires 2021 bénéficie du plan de relance. "Les commandes étaient déjà là pour cette année. Les demandes relatives au plan de relance se feront plus fortes à partir du printemps 2022", ajoute David Tardy.
En dépit de ces éléments, la filière, qui ne communiquera ses résultats 2020 qu'à l'automne, table sur une croissance de 5% en 2021.



