Selon le Pôle textile Alsace, une SAS dénommée Barral doit commencer à fabriquer des masques en microfibres dans des locaux vacants de l’équipementier automobile Mahle Behr à Rouffach (Haut-Rhin). La production devrait débuter d'ici la fin de la semaine du 4 mai.
L’activité de Mahle Behr France à Rouffach s’est fortement contractée depuis plusieurs années. L'industriel gère un plan de sauvegarde de l’emploi de 236 postes. Des salariés de cette filiale d’un groupe allemand (12,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires) devraient être concernés par le projet Barral.
Les lignes de production acquises auprès d’un industriel du centre de la France seront assemblées sur place grâce au fabricant de machines à tisser N.Schlumberger. Cet industriel établi à Guebwiller (Haut-Rhin) réalise un chiffre d’affaires de 45 millions d’euros avec 230 salariés.
Une activité pérenne
Selon le Pôle textile d’Alsace, cette initiative est destinée à rester pérenne. Dans un premier temps, elle doit répondre aux besoins urgents de masques à l’échelle nationale et doit employer à terme une cinquantaine de collaborateurs de Mahle Behr. Des commandes publiques soutiennent le projet, qui doit encore néanmoins résoudre quelques obstacles. L’UNSA de Mahle Behr indique jeudi qu’une réunion du CSE est prévue sur ce sujet mercredi prochain. Le syndicat s’affirme solidaire avec l’objectif, à condition d’en connaître plus sur les conditions de mise à disposition des salariés.
Côté Pôle textile, Philippe Chican explique que le montage de ce projet s’est déroulé à une vitesse inhabituelle. "Les enjeux sont énormes, tout sera fait dans les règles mais il faut progresser dans l’urgence. La volonté est de créer une entreprise pérenne", souligne-t-il. Le Pôle textile Alsace, avec l’appui de BioValley, avait organisé une première production de masques grâce aux réseaux croisés des deux pôles régionaux, avec une capacité maximale de 150 000 à 200 000 masques par semaine. Barral doit réaliser une production dix fois supérieure.



