Les usines de Boeing vont être scrutées de près dans les semaines à venir. Le patron de l'Autorité américaine de l'aviation civile (FAA) Mike Whitaker a déclaré mardi 6 février que l'agence comptait poster de manière permanente des inspecteurs sur les sites de production de l’avionneur, un mois après la perte en plein vol d'une pièce de fuselage à bord d'un 737 MAX 9 de la compagnie Alaska Airlines. Le jour même, l'Agence de sécurité des transports a publié son rapport d’enquête préliminaire sur l'incident, révélant que des boulons manquaient sur la porte. Au cours d'une audition parlementaire, l'administrateur de la FAA, a réitéré la nécessité de renforcer la surveillance de Boeing et de son fournisseur Spirit AeroSystems, qui fabrique le fuselage du 737.
Culture de la sécurité
«Je conviens certainement que le système actuel ne fonctionne pas, parce qu'il ne fournit pas d'appareils sûrs. Nous devons donc changer cela», a-t-il dit. «Ce qui m'importe, c'est que Boeing fabrique des avions sûrs», a renchéri le patron de la FAA. «Si vous n'avez pas cette culture de la sécurité, je pense qu'il est difficile de faire des avions sûrs.» Depuis l'incident d'Alaska Airlines, qui n'a pas fait de victimes, la FAA a dépêché une vingtaine d'inspecteurs sur le site de production du 737 à Renton, dans l'Etat de Washington, et six autres dans une usine de Spirit AeroSystems à Whichita, dans le Kansas, pour un audit de six semaines. L'enquête n'a révélé pour l'heure aucune défaillance requérant une action immédiate.
Des boulons manquants
Mike Whitaker a déclaré que des inspecteurs se chargeraient de surveiller régulièrement les activités de Boeing une fois l'audit terminé. Selon lui, l'incident du 6 janvier soulève deux questions : ce qui n'allait pas avec l'appareil concerné mais aussi «ce qui ne va pas avec la production chez Boeing». «Il y a eu des problèmes par le passé. Ils ne semblent pas en passe d'être résolus, nous jugeons donc nécessaire d'avoir un niveau accru de supervision», a-t-il dit.
Le rapport d’enquête préliminaire sur l’incident du Boeing 737 MAX 9 d’Alaska Airlines révèle que quatre boulons qui devaient sceller la porte envolée manquaient à l'appel. Des employés de Boeing de l’usine de Renton les ont retirés au mois d’octobre avant que l’appareil ne soit livré. Une opération effectuée car ils devaient réparer cinq rivets endommagés, ce qui les a conduits à ouvrir la fameuse porte et à retirer ses boulons, qui n’ont ensuite pas été remis à leur place.
L’absence d’usure ou de déformation autour de plusieurs trous indique que «les quatre boulons qui empêchent la porte-bouchon de se déplacer vers le haut étaient manquants avant [qu’elle] ne se déplace», écrit l’agence. Elle explique que son enquête doit encore déterminer quels documents de fabrication ont été utilisés pour autoriser l’ouverture puis la fermeture de la porte pendant la réparation des rivets. Quelques jours après l’incident, Alaska Airlines avait indiqué avoir découvert des «équipements mal fixés» sur certains de ses appareils lors de vérifications. La compagnie aérienne United Airlines, qui possède 79 737 MAX 9, avait quant à elle remarqué des «boulons qui nécessitaient d'être resserrés» sur les portes condamnées de certains d’entre eux.
Avec Reuters (Reportage David Shepardson à Washington et Allison Lampert à Montréal; Jean-Stéphane Brosse pour la version française, édité par Jean Terzian)



