L’hydrogène vert peine à atteindre ses objectifs. Une étude publiée dans Nature Energy le 14 janvier a observé 190 projets de production d’hydrogène annoncés entre 2020 et 2023 et qui devaient entrer en opération en 2023, totalisant 4,3 gigawatts (GW) de capacité prévue. Les auteurs, chercheurs au Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK, Allemagne), relèvent que seulement 0,3 GW était opérationnel à cette date. Aucun des projets annoncés en 2021 et prévus pour démarrer en 2023, et seulement 3 % de ceux annoncés en 2022, n’ont vu le jour dans les temps. L’étude se base sur des données fournies par l’agence internationale de l’énergie (IAE) et BloombergNEF (BNEF).
En cause, principalement, le coût trop élevé de l’hydrogène vert, soulignent les chercheurs. Ce coût a augmenté d’environ 47,5 % (entre 30 et 65 %) ces dernières années, relèvent-ils, citant le Conseil de l’hydrogène et le cabinet McKinsey.
Revoir les ambitions à la baisse
Cet écart entre les ambitions et les réalisations va croissant. Les deux chercheurs relèvent en effet que la capacité totale des projets annoncés pour 2030 ne cesse d’augmenter. Entre 2020 et 2023, cet objectif global a quasiment triplé, de 161 à 422 GW. Ce qui le rapproche certes des recommandations du Groupe intergouvernemental des experts du climat (Giec) pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, mais aurait plutôt tendance à diminuer le crédit à porter à ces ambitions. Les auteurs pointent ainsi un rapport publié fin 2023 par BNEF qui estimait alors que seulement 10 % de la capacité d’hydrogène vert prévue pour 2030 avait trouvé acheteur.
En se basant sur les modèles de subventions actuellement disponibles dans le monde pour financer la production d’hydrogène vert, les chercheurs estiment le coût de l’objectif fixé à 2030 à environ 1 300 milliards de dollars, soit plus de 4 fois les subventions actuellement accordées au secteur (300 milliards).
D’après les chercheurs, il est donc impératif de revoir à la baisse les ambitions globales de production d’hydrogène vert. Plutôt que de généraliser son utilisation, il est également nécessaire, selon eux, de concentrer la production d’hydrogène vert à des secteurs difficiles à électrifier. L’aviation, la métallurgie ou l’industrie chimique sont par exemple citées.



