Dans son procès contre Nova Chemicals, Dow pourrait recevoir 1,2 milliard de dollars supplémentaires

Une cour de justice canadienne a ordonné, le 10 juin, au pétrochimiste Nova Chemicals de verser 1,62 milliards de dollars canadiens (environ un milliard d'euros) supplémentaires de dommages et intérêts à l'américain Dow. L'affaire remonte au début des années 2000, lorsque Nova Chemicals, par le biais d'une coentreprise détenue avec le chimiste américain, avait sciemment ralenti (et détourné) une partie de la production d'une des unités de vapocraquage du complexe pétrochimique de Joffre au Canada.

Réservé aux abonnés
Dow
La Cour du Banc du Roi de l'Alberta (province de l'Ouest canadien) a signé, le 10 juin, un jugement ordonnant à Nova Chemicals de payer – jugement toujours susceptible d'appel – la somme de 1,620 milliard de dollars canadiens (environ un milliard d'euros).

Dans l'affaire Nova Chemicals contre Dow, la Cour du Banc du Roi de l'Alberta (province de l'Ouest canadien) a signé, le 10 juin 2025, un jugement ordonnant à Nova Chemicals de remettre la main au portefeuille. Le pétrochimiste canadien devrait payer – jugement toujours susceptible d'appel – la somme de 1,62 milliard de dollars canadiens (environ un milliard d'euros) qui s'ajoute au 1,43 milliard de dollars canadiens déjà payés par le pétrochimiste canadien en 2019, à la suite du procès entamé en juin 2018. « Cette décision concluait que Nova n'avait pas exploité l'usine d'éthylène détenue à pleine capacité et avait manqué à ses obligations contractuelles depuis 2001, ce qui avait entraîné une réduction de la production d'éthylène », détaille Dow. Les nouveaux dommages couvrent les pertes actuelles de 2001 à 2012 et les pertes de 2013 à 2018, qui n'avaient pas été exploitées auparavant.

Une affaire étalée sur trois décennies

Dow a déclaré qu'il s'attendait à recevoir le dernier paiement au quatrième trimestre. Une bouffée d'air pour le troisième chimiste mondial qui espère à court terme, après avoir observé une baisse de 3 % de son chiffre d'affaires net au premier trimestre 2025, faire rentrer jusqu'à six milliards de dollars (américains) dans les caisses pour espérer mettre fin à plusieurs années de difficultés.

L'affaire qui l'oppose à Nova remonte à plus de 25 ans maintenant. En 1997, Nova Chemicals et le chimiste texan Union Carbide fondent une coentreprise à parité dont l'objectif est d'exploiter l'une des unités de vapocraquage du complexe pétrochimique de Joffre (Ouest canadien). Nova est en charge de la gestion du site. Dow rachète Union Carbide en 2021, se retrouvant de facto intégré dans la coentreprise. Mais la gestion contestable (et contestée) du Canadien pousse les deux sociétés devant les tribunaux en juin 2018. Dow accuse son homologue de ne pas avoir exploité à pleine capacité le site, diminuant donc la production d'éthylène et de polyéthylène entre 2001 et 2018. Pire, l'Américain précise que son partenaire se serait approprié une part des polyoléfines qui devaient contractuellement lui revenir.

Le complexe pétrochimique de Joffre en Alberta se compose de trois unités de vapocraquage, faisant du site l'un des plus grands complexes de production d’éthylène d'Amérique du Nord. Il affiche une capacité combinée de plus de 2,8 millions de tonnes d'éthylène par an.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
78 - Rambouillet
Date de réponse 30/04/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs