Lancée en 2012 aux côtés du turc Aksa – l’un des plus grands fabricants mondiaux de fibres acryliques –, la coentreprise DowAksa, possédée à 50 % par Dow, n’aura désormais plus qu’un seul capitaine à sa barre. L’Américain se déleste ainsi de sa participation au profit de son partenaire turc, se privant par la même occasion de l'importante unité de production d'Aksa situé à Yalova (Turquie), capable de produire 355 000 t/an de fibres d'acrylique (fibres textiles, techniques et de carbone).
Le produit de la vente pour Dow devrait s'élever à 125 millions de dollars, ce qui reflète, après comptabilisation de la dette, une valeur d'entreprise d'environ 10 fois l'Ebitda d'exploitation estimé pour 2025. La vente devrait être finalisée au troisième trimestre 2025, sous réserve des approbations réglementaires habituelles et d'autres conditions de clôture.
Faire entrer jusqu'à six milliards dans les caisses
La coentreprise turque fournit des solutions entièrement intégrées, allant des précurseurs (fibre acrylique, polyacrylonitrile) jusqu'aux fibres de carbone en passant par les polymères (résines) utilisés pour lier les fibres à des matériaux composites. La société monnaye aussi son savoir-faire en matière de procédés de fabrication avancés des fibres et des services d'ingénierie. Aérospatiale, défense, énergies renouvelables, automobile… Les produits proposés par DowAksa irriguent de nombreux marchés internationaux. Mais Dow veut maintenant freiner sur le marché de la production et de la commercialisation de fibres de carbone et de ses dérivés.« Le produit de la transaction servira à soutenir la stratégie d'allocation équilibrée du capital de la société », précise le groupe américain. En avril, Dow n’avait pas caché son envie d’optimiser et de restructurer, annonçant une perte nette au premier trimestre 2025, de 290 millions de dollars, contre un bénéfice net de 538 millions de dollars, à la même période, l’année précédente.
« Nous restons concentrés sur une exécution rigoureuse et sur des mesures accrues pour améliorer la rentabilité et soutenir la trésorerie », assurait Jim Fitterling, président-directeur général de Dow. Un plan stratégique, dont les grosses annonces reposaient sur la cession d'actifs au Moyen-Orient pour un montant de 2,4 milliards de dollars, auxquels s’ajoutent diverses rentrées d'argent comme le versement de près d'un milliard de dollars ordonné par la justice canadienne dans le cadre du fameux procès opposant Dow au pétrochimiste canadien Nova Chemicals. Au total, Dow précisait que l’ensemble des mesures permettrait de faire rentrer jusqu'à six milliards de dollars dans les caisses à court terme.



