Dans les Bouches-du-Rhône, Silios Technologies va bâtir une usine de 1600 mètres carrés pour ses caméras multispectrales

Lauréate de l’appel à projets «France 2030–Première usine», la TPE provençale Silios Technologies va fabriquer ses caméras multispectrales sur un site de 1600 mètres carrés pour 9 millions d’euros d’investissement à Rousset (Bouches-du-Rhône). Les filtres multispectraux pixellisés de ses produits permettent de récupérer de nombreuses données et promettent des applications dans de nombreux secteurs.

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Caméra à filtre multispectrale de Silios Technologies
Silios Technologies va se doter de la première usine française de production en séries de caméras multispectrales.

Actuellement dans les locaux de l’équipementier microélectronique Ion Beam Services à Rousset (Bouches-du-Rhône), dont elle est un essaimage, Silios Technologies prépare sa montée en puissance avec sa future usine, sur la même zone industrielle. Le permis de construire est déposé pour un bâtiment de 1600 mètres carrés sur un terrain de 5000 mètres carrés, avec une mise en service opérationnelle espérée pour 2026. 

Née en 2001, Silios Technologies s’est d’abord positionnée dans la conception de micro-technologies inspirées du monde des semi-conducteurs pour la réalisation en petites séries de composants optiques et photoniques utilisables dans l’astronomie, le spatial, les grands équipements scientifiques… Elle intervient notamment pour l’Agence Spatiale Européenne (ESA).

Un robot lunaire développé avec le Cnes

Mais sa future usine est plutôt destinée à accélérer son second pilier d’activité, l’imagerie multispectrale, sur laquelle elle a lancé ses premiers produits en 2015. «Nous progressons déjà dans le domaine de 25% par an sur un marché évalué à plus de 100 millions de dollars, en progression annuelle de 20%. La clientèle est mondiale», assure Stéphane Tisserand, le directeur général de Silios Technologies.

Silios a conçu une technologie de filtres multispectraux pixellisés, baptisée Color Shades. Intégré entre le capteur 2D et l’optique d’une caméra, il permet de voir 8 à 25 couleurs au lieu de trois et récupérer ainsi un plus grand nombre de données sur l’objet ou la scène ciblés. Elle dispose de versions standardisées (sur catalogue) mais peut les adapter aux besoins des futurs utilisateurs. La technologie, objet de six brevets, est prisée dans le spatial et la R&D, la société travaillant déjà avec le CNES sur un robot lunaire.

Des Applications de l'usine aux champs

À grande échelle, elle intéressera des applications dans l’industrie (contrôle de procédés sur une ligne de production, détection d’impuretés, d’humidité…), la défense (pour distinguer des engins, des armes ou des soldats camouflés), l’agriculture (détection de maladies ou parasites sur des terres, ajustement affiné des quantités de fertilisants…), en biologie (observation de matériaux) et jusqu’au tri de déchets (distinction de plastiques, bois, métaux…). «Spécialisée sur la fabrication des filtres multispectraux, leur assemblage et leur alignement sur les capteurs, la nouvelle usine facilitera la production de caméras dédiées à des applications sur-mesure pour nos clients», précise Stéphane Tisserand.

Combinée à des algorithmes d’intelligence artificielle, l’analyse de chaque image générée offrira beaucoup plus d’informations que les solutions traditionnelles. Surtout que la R&D va se poursuivre jusqu’à la mise en service de l’unité. «La générationdeux vise à adresser des fonctions beaucoup plus complexes pour des marchés très pointus ou à faire baisser les prix sur les entrées de gamme, détaille Laurent Roux, président d’IBS et de Silios,. Ce filtre étant très résistant, nous songeons par exemple à son usage dans des environnements soumis à de fortes radiations. Nous resterons ouverts à tous les applicatifs.»

Fabriquer 1600 caméras par an d'ici à 2031

Immobilier, salle blanche, machines (production, tests, qualification…), centrale photovoltaïque en toiture, R&D et industrialisation : le montant total de l'investissement pour la future usine est de 9 millions d’euros, abondés partiellement par l’État dans le cadre de l’appel à projets «première usine». Le développement du projet, dénommé MSI Factory, a également bénéficié de l'appui de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, investie pour soutenir sa filière de microélectronique, de la Métropole Aix-Marseille-Provence et du Pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées.

«Avec cet outil, nous allons pouvoir fabriquer plusieurs centaines ou milliers de caméras par an contre quelques dizaines aujourd’hui et élargir le champ de nos marchés», indique Stéphane Tisserand, qui table sur 700 caméras en 2028, puis 1600 en 2031. Il espère ainsi passer sur ce segment d’un chiffre d’affaires de 1,2 million d’euros (sur près de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires global de Silios en 2023) à près de 6 millions d’euros dans quatre ans. La société devrait bondir de 9 à 27 salariés.

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