Reportage

Dans le Doubs, le fabricant de casseroles Cristel continue de "grandir avec du sens"

Depuis la fin des années 1980, Cristel fabrique des casseroles et des poêles dans son usine historique de Fesches-le-Châtel (Doubs). L’entreprise a su profiter des besoins des consommateurs, notamment en termes d’écologie, pour asseoir sa croissance. Elle a toutefois plusieurs défis devant elle.

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Cristel casseroles Doubs
Les produits de Cristel sont fabriqués à base d'inox recyclé à 87%.

Près de Fesches-le-Châtel, dans le Doubs, le grand parc d’activités Technoland compte nombre de sites industriels. Pourtant, vous n’y trouverez pas l’usine de casseroles de Cristel (19,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2023). Celle-ci, beaucoup plus ancienne, se trouve dans un grand espace, à la lisière d’un bois entouré d’étangs. Une immense cheminée en brique rouge rappelle le passé du site, qui faisait partie de l’empire industriel Japy.

Des produits qui ne se jettent pas

Aujourd’hui, l'usine de 13000 m² s’agrandit de 2700 m², principalement pour élargir la partie logistique. Avec cette extension, Damien Dodane, directeur général délégué de Cristel, espère augmenter le rythme et le nombre d’expéditions, actuellement limités par le manque d’espace. L’agrandissement de la partie industrielle est également au programme, mais pas pour tout de suite. «Nous arrivons à des goulots d’étranglement sur la production, surtout concernant le polissage», explique Antoine Jean, directeur des opérations chez Cristel.

L’usine, qui emploie 70 personnes (sur 105 au total) produit des casseroles et des poêles essentiellement en inox. «Nous fabriquons des produits qui ne se jettent pas», vante Damien Dodane, fils des repreneurs de Cristel, Bernadette et Paul Dodane. Toutefois, pour s’adapter au marché, l’industriel a aussi dû produire des produits revêtus de polytétrafluorothylène (PTFE), molécule qui fait partie des fameux PFAS.

Un service de maintenance au poêle

Pour éviter le gaspillage, Cristel a mis en place un service dit de rechapage, qui consiste à remplacer le revêtement d’une poêle, moyennant le tiers du prix du produit originel. Et en lui donnant un coup de neuf au passage. «Nous rechapons 700 produits par mois», indique le directeur général délégué. Les produits ainsi traités sont soit rendus à des clients, soit revendus, donnés à des associations ou recyclés. Qu’advient-il des revêtements ? «Nous récupérons le PTFE en poudre et nous l’envoyons à un centre de traitement», montre Antoine Jean.

Depuis la loi PFAS, les ventes de produits en inox de Cristel a augmenté, sans constater une baisse de celles des produits avec revêtement, selon Damien Dodane. Ce dernier souhaiterait toutefois que la part des casseroles en inox augmente encore davantage. «Nous avons constamment sensibilisé nos revendeurs sur le fait que nous pouvons cuisiner à 80% dans de l’inox. Pour que ça ne colle pas, il suffit de prendre quelques minutes pour chauffer l’ustensile», raconte Damien Dodane.

«Grandir avec du sens»

L’entreprise engagée est classée entreprise à mission depuis 2021, en plus de disposer des labels Origine France garantie et Entreprise du patrimoine vivant. «Nous voulons grandir avec du sens et garder notre indépendance», souhaite Damien Dodane. La famille Dodane détient toujours 75% du capital, malgré des marques d’intérêt de la part de grands groupes comme LVMH.

L’industriel a désormais le regard tourné vers le marché professionnel et vers les États-Unis, deuxième plus grand client de Cristel, entre la France et le Japon. Cependant, Damien Dodane confie être inquiet des futures élections étasuniennes, car la possible élection de Donald Trump et ses mesures protectionnistes pourraient s’avérer néfastes pour la marque française.

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