Premier projet européen exclusivement dédié à la production d’engrais à partir d’hydrogène renouvelable et bas-carbone, une usine d'engrais bas-carbone du groupe FertigHy doit être construite à Languevoisin-Quiquery (Somme). Sa production annuelle doit atteindre 500000 tonnes d’engrais minéraux azotés à l’horizon 2030. Avec un investissement de 1,3 milliard d’euros à la clé, FertigHy et RTE ont saisi la Commission nationale du débat public qui a décidé, au titre du Code de l’environnement, d’organiser une concertation préalable qui se tiendra du 2 décembre 2024 au 31 janvier 2025.
«Nous espérons que le public se saisira des outils de participation mis à sa disposition pour s’informer sur le projet, trouver des réponses aux questions qu’il peut susciter et débattre de façon constructive de son opportunité et des conditions de sa réalisation», assure Axel de Bienassis, directeur du développement de FertigHy. L'entreprise a été créée en juin 2023 par un consortium des entreprises EIT InnoEnergy, RIC Energy, Siemens Financial Services, InVivo ou encore Heinekein afin d’ouvrir la voie à la transition à une industrie européenne des engrais à base d’énergies renouvelable et bas-carbone.
Couvrir 15% de la consommation française d’engrais azotés
En réponse aux enjeux de souveraineté alimentaire, le projet vise à sécuriser l’approvisionnement en engrais pour les agriculteurs français et européens grâce à la relocalisation d’une production stratégique pour les filières agricoles, aujourd’hui très dépendantes des importations extra-européennes. «La substitution de l’hydrogène gris par de l’hydrogène renouvelable et bas-carbone dans le procédé industriel permettra la décarbonation de la production d’engrais azotés, ajoute le directeur de développement. Le secteur agricole et l’ensemble de la filière agro-alimentaire pourraient ainsi bénéficier d’une production ayant un bilan carbone réduit de 80 à 95% par rapport aux autres usines d’engrais utilisant des énergies fossiles». Le début d'exploitation commerciale de l'usine est prévu à l'horizon 2030, d'ici là, la construction devrait durer trois ans jusqu'à la fin 2026. Afin d’assurer l’alimentation électrique de la future usine, RTE porte, en parallèle, un projet de raccordement au réseau public de transport d’électricité, via une liaison souterraine à 225000 volts d’environ 12 kilomètres.



