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Dans l'hydrogène aussi, la Chine mène la danse

Alors que seuls 4% des projets de production d’hydrogène bas carbone dans le monde sont financés, la Chine détient déjà 50% des capacités de production.

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Sinopec  Xinjiang Kuqa Green Hydrogen Pilot
Un méga-projet de production d'hydrogène mené par Sinopec à Kuqa, en Chine.

La ruée vers l’hydrogène bas carbone est lancée. Selon les chiffres de BloombergNEF publiés fin 2023, 44 pays ont officialisé une stratégie hydrogène dans le monde et près de 35 autres y travaillent. Si tous les projets annoncés par les États sont réalisés, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une production de 38 millions de tonnes (Mt) par an en 2030, dont 16 Mt dédiés à l’export, principalement d’Australie, d’Amérique latine et d’Afrique vers l’Europe et l’Asie. Cela représenterait quelque 14 gigawatts (GW) d’électrolyse installée en 2030, contre 2,3 GW en 2023.

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En matière de technologies, 71% des projets planifiés reposent sur l’électrolyse de l’eau, le reste (10 Mt) sur les énergies fossiles avec piégeage, utilisation et stockage (CCS) de CO2.

Problème : seuls 4% de ces projets ont fait l’objet d’une décision finale d’investissement, dont 40% en Chine. Et 45% d’entre eux n’en sont qu’au premier stade de développement. L’inflation complique tout, en augmentant les coûts d’équipement et les charges financières, ce qui met en péril la rentabilité des projets. Pour l’hydrogène produit à partir d’électricité renouvelable, une hausse de trois points de pourcentage du coût du capital pourrait faire grimper le coût total du projet de près d’un tiers, a calculé l’AIE. Plusieurs projets ont déjà revu leurs estimations budgétaires à la hausse, jusqu’à 50%. Plus épargnée, la Chine a installé 1,2 GW d’électrolyseurs fin 2023, soit 50% de la capacité mondiale, et lancé la construction du plus grand projet d’électrolyse au monde (260 MW).

Vers un rééquilibrage en 2030

Les pays occidentaux se réveillent pourtant. Les subventions pour soutenir la production d’hydrogène bas carbone ont quadruplé au cours des deux dernières années, dépassant les 280 milliards de dollars, selon BloombergNEF. L’Inflation reduction act, qui prévoit une aide de 3 dollars par kilo d’hydrogène faible émission, pourrait faire baisser les coûts jusqu’à 1 dollar le kilo, contre 2,3 à 4,80 dollars sans les aides. Selon une étude de McKinsey, la moitié de la production d’hydrogène dans le monde serait sous les 2,5 dollars par kilo, avec de fortes disparités. Alors que le Moyen-Orient affiche 1,50 dollar par kilo, la Chine autour de 2,50 dollars et l’Inde près de 3 dollars, la France grimpe, elle, à 3,50 dollars et le Japon à 6 dollars.

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Sur le volet industriel aussi la Chine mène la danse. Elle concentre la moitié des 19 GW de capacité de production d’électrolyseurs dans le monde. En 2030, lorsque le marché des équipements devrait atteindre 190 milliards de dollars (174 milliards d’euros), selon le Conseil mondial de l’hydrogène, la situation pourrait se rééquilibrer entre la Chine (25%), l’Europe (20%), les États-Unis (20%), l’Inde (6%) et le reste du monde. Les industriels annoncent 155 GW par an, mais seuls 8% de ces nouveaux projets ont obtenu un feu vert final d’investissement et certains ont même déjà été suspendus. En cause, l’incertitude de la demande, analyse l’AIE. Les jeux ne sont pas encore faits.

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Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3727 - Février 2024

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