Situé à Origny-Sainte-Benoite (Aisne), le projet OrCHyDé (Origny Carburant et Hydrogène Décarboné) a l'ambition de valoriser le CO2 biogénique produit par les sites de transformation de matières premières agricoles du groupe Tereos, grand sucrier et acteur majeur des Hauts-de-France. Le CO2 utilisé pour le projet proviendra de la sucrerie-distillerie de Origny-Sainte-Benoite et de l’amidonnerie de Mesnil-Saint-Nicaise (Somme), puis sera combiné à de l’hydrogène renouvelable et bas-carbone produit sur site par Verso Energy par électrolyse.
L’investissement est estimé entre 630 et 850 millions d’euros. La mise en service de l’unité de production est prévue pour 2029, avec une capacité annuelle de 110 000 à 180 000 tonnes de e-méthanol à partir de 170 000 à 270 000 tonnes de CO2 biogénique.
Le projet est porté en collaboration avec RTE, qui assurera le raccordement électrique de cette installation. 400 personnes travailleront sur le chantier, avec un pic à 700 postes lors des phases de montage et de tests. «Une fois en fonctionnement, l’installation créera environ 50 emplois directs et plus de 70 à 80emplois indirects».
Une concertation préalable, sous l’égide la Commission nationale du débat public (CNDP), et en collaboration avec RTE,se tiendra du 29 octobre au 23 décembre. «Nous serons particulièrement attentifs à ce que les recommandations du public et de tous les acteurs du territoire soient prises en compte dans la réalisation du projet», assure Antoine Huard, directeur général de Verso Energy.
Participer à la décarbonation du transport maritime
Grâce à la production de e-méthanol, OrCHyDé contribuerait, selon ses promoteurs, à réduire les émissions de CO2 du transport maritime, évitant, sur 10 ans, l’émission de 1,7 million de tonnes de CO2eq fossile, apportant ainsi une contribution importante aux objectifs de décarbonation français et européens. «Nous nous engageons pour concilier la réindustrialisation du pays et la décarbonation de notre économie. Ce projet vise à produire du e-méthanol en valorisant le CO2 biogénique produit par un industriel dont l’activité est essentielle pour l’économie du territoire, contribuant ainsi à renforcer sa compétitivité, tout en développant un procédé innovant pour réduire l’empreinte carbone du transport maritime.Il est possible de créer de l’activité tout en contribuant à une forte réduction des émissions de gaz à effet de serre», conclut Antoine Huard.
Verso Energy porte cinq autres projets sur le territoire français : dans les Landes, dans les Vosges, en Seine-Maritime et en Haute-Vienne pour fabriquer du carburant de synthèse destiné à l'aviation, à Carling en Moselle pour produire de l'hydrogène vert. Tous ces projets doivent encore être validés et financés.



