Annoncée par Emmanuel Faber en octobre 2020, c'est finalement à Antoine de Saint-Affrique, le nouveau directeur général de Danone que revient la tâche de mettre en place la nouvelle feuille de route du géant laitier. Le projet, appelé "local first" prévoit la mise en place d'une organisation par pays ainsi qu'une revue de portefeuille pour coller aux attentes des consommateurs dans chaque zone.
Revente d'Aqua d'or, une marque d'eau danoise
C'est dans le cadre de ce plan que le groupe français a annoncé, ce 16 novembre la revente de ses eaux danoises Aqua d'or. La marque sera cédée à Royal Unibrew pour un montant qui n'a pas été divulgué. La cession d'Aqua d'or est la troisième depuis l'annonce de "Local First". En juin dernier, Danone avant déjà annoncé la vente de sa marque canadienne Veja et celle de Mengniu, sa marque chinoise.
Accélérer sur le végétal

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
En parallèle de cette annonce, le groupe laitier a confirmé, ce 15 novembre, son intention de monter en puissance sur le végétal avec un investissement de 43 millions dans l'usine gersoise de Villecomtal-sur-Arros (Gers). Ce site, qui produit actuellement des produits laitiers type Activia, va se convertir à la fabrication de produits à base d'avoine. «Deux lignes de production» y seront installées, précise le groupe dans un communiqué. Les premiers produits à base d'avoine devraient sortir de l'usine en 2023. «Ce projet permettrait à Villecomtal-sur-Arros d’accompagner un marché en pleine croissance en devenant un site de référence en Europe pour la production de boissons végétales principalement à base d’avoine, tout en réduisant son empreinte carbone de 70 %», explique François Eyraud, directeur général de Danone Produits Frais France.
Cet investissement intervient quelques semaines après l'annonce de l'agrandissement du site historique d'Issenheim pour un montant de 16,5 millions d'euros. Ce dernier est essentiellement dédié à la fabrication de produits végétaux à base de soja.
Danone entend ainsi s'imposer sur ce segment dont les ventes ont été multipliées par trois en sept ans. Alpro, la marque du groupe dédié aux produits végétaux, est actuellement numéro 2 du marché avec 14 points de part de marché. «Contrairement à l'Allemagne ou la Belgique où le végétal s'est déjà largement imposé, il reste une importante marge de croissance en France», observait Nicolas Poillot, le porte-parole de la marque dans nos colonnes en septembre dernier. Lors de la présentation des derniers résultats trimestriels du groupe, les produits laitiers et végétaux, principal pôle d'activité de Danone avec un chiffre d'affaires de 3,269 milliards d'euros, affichait des ventes en hausse, tirées notamment par succès des produits végétaux dont la croissance varie entre 5 et 10%.
Les investissements dans le végétal annoncés ce jour doivent permettre à Danone d'atteindre son objectif d'augmenter sa capacité de production de produits végétaux de 25% d'ici à 2024.
24 millions pour les laiteries françaises
Pour compenser la conversion du site de Villecomtal-sur-Arros, un investissement de 24 millions d'euros en France a également été annoncé ce 15 novembre dans les laiteries traditionnelles. Cette somme doit notamment servir à accompagner les sites de Bailleul (Nord), Pays de Bray (Saine-Maritime) et Saint-Just-Chaleyssin (Isère) pour absorber les volumes supplémentaires, générés par le passage au végétal du site gersois. Le détail de la répartition de cette somme n'a pas été communiqué. «Ce projet offrirait à nos laiteries l’opportunité de se renforcer, de devenir plus compétitives», détaille, dans un communiqué, Yann Le Roy, directeur des opérations de Danone Produits Frais France.
L'ensemble de ces projets ont pour but de projeter l'entreprise française vers un retour à la croissance durable d'ici à la fin de l'année 2021.
Les investissements annoncés par Danone
- 43 millions d'euros pour la conversion au végétal du site de Villecomtal
- 24 millions d'euros pour l'adaptation des capacités de production des sites de Bailleul (Hauts De France), Pays de Bray (Normandie) et Saint-Just-Chaleyssin (Auvergne Rhône-Alpes).
Ces sommes s'ajoutent aux 16,5 millions d'euros d'investissement annoncé en septembre pour le site d'Issenheim en Alsace.



