Début septembre, Danone sera dirigé par un nouveau capitaine. Après des semaines de tensions et l’éviction brutale d’Emmanuel Faber, le numéro un mondial des produits laitiers et d’origine végétale (23,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2020, contre 21,1 milliards pour son compatriote Lactalis) a désigné à la fin mai Antoine de Saint-Affrique, l’actuel dirigeant du chocolatier Barry Callebaut. Un profil « rassurant », qui aura notamment pour mission de contenir les critiques des actionnaires activistes qui, depuis le milieu de l’année 2020, n’épargnent pas Danone. Pour cela, il lui faudra redresser le cours de Bourse de l’industriel français. Ce dernier a dévissé de 30% en 2020 sous l’effet de la pandémie.
Doper la rentabilité
Pour y parvenir, Antoine de Saint-Affrique pourra s’appuyer sur le plan de restructuration « local first » lancé par Emmanuel Faber. Le conseil d’administration a opté pour le maintien de cette réorganisation, qui se traduit par la suppression de 1 850 postes d’encadrement dans le monde et par la réorganisation des activités par zone géographique. Ce plan doit aussi s’accompagner d’une revue de portefeuille par pays. Objectif, aider l’entreprise à rattraper son retard sur ses principaux concurrents internationaux, Nestlé, Mondelez et Unilever. Alors que le groupe affichait, en 2020, une marge opérationnelle de 13%, affectée notamment par la baisse de la consommation de l’eau en bouteille, Nestlé et Unilever enregistraient sur la même période avec des marges respectives de 17,7% et 18,5 %.
Mais le plus grand défi du nouveau patron de Danone restera probablement de faire coïncider ces exigences de rentabilité avec le « double modèle » économique et social, fondement même de l’identité du groupe. Antoine de Saint-Affrique pourra compter sur son expérience chez Barry Callebaut : l’actionnaire majoritaire du groupe chocolatier suisse est la Jacobs Holding, qui reverse 40 % de ses dividendes à sa fondation pour l’éducation.



